Il y a seulement quelques années, qui aurait pu imaginer un magasin vendant exclusivement des produits à la fois biologiques et véganes ? C’est le pari pris par Naturalia (groupe Casino), spécialisée dans la vente de produits bio qui dédie désormais trois de ses magasins à Paris et Vincennes aux produits véganes (voir photo ci-contre). « Depuis le 21 juin 2017, les consommateurs peuvent faire leurs courses sans avoir à vérifier les étiquettes dans les trois premiers Naturalia Vegan, déclare l’enseigne. Ces derniers proposent près de 2 000 produits du quotidien et plus de 300 nouveautés dans tous les rayons. Un travail de sélection a été mené auprès de chaque fournisseur pour s’assurer du bon respect du cahier des charges garantissant le bien-être animal, la composition des produits et son mode de production. »

Certes, tous les adeptes des produits biologiques n’ont pas vocation à devenir véganes. D’ailleurs, l’offre de produits à base de viande bio, elle aussi, s’étoffe. Mais ces ouvertures témoignent de la spectaculaire et rapide évolution des attentes des consommateurs. Biologiques, végétariens-véganes, durables, éthiques, les Français sont de plus en plus attentifs au contenu de leur assiette.

« En France, le consommateur a fait face à de nombreuses crises alimentaires ces dernières années et comprend qu’il y a des dérives, analyse Daniel Tirat, directeur général de Bjorg, Bonneterre et Compagnie. Il veut désormais mieux comprendre d’où vient le produit. Il faut ajouter à cela les enjeux environnementaux, les problèmes de surpoids et d’obésité et l’intérêt croissant pour les protéines végétales. Aujourd’hui, on est dans une période intéressante pour l’alimentation. De nombreux doutes apparaissent. On est obligé d’en parler, on ne peut plus tourner la tête. Or, le bio est une réponse à ces problèmes. Notre ambition est d’amener les gens à changer leurs habitudes alimentaires, leur donner envie de manger bio. C’est pourquoi on est très content de la conjoncture actuelle. L’autre tendance qui consiste à remplacer les protéines animales par des protéines végétales découle de la même volonté de changement de la part du consommateur. Le marché alimentaire est en train de suivre le même chemin que celui du vin. Dans les années 60, le volume consommé de vin était très élevé. Aujourd’hui, ce volume a beaucoup baissé au profit de la qualité. »

Dossier réalisé par Sylvie Richard