Perturbateurs endocriniens et nanoparticules font régulièrement la une de l’actualité. Ainsi, en janvier 2018, une plainte a été déposée par des associations après que des nanoparticules ont été identifiées dans certaines denrées et alors qu’elles n’étaient pas signalées sur l’étiquette. Début septembre, c’est une communication de Générations Futures qui a fait grand bruit. L’association environnementaliste affirmait que six résidus de pesticides sur dix quantifiés dans l’alimentation européenne sont des « perturbateurs endocriniens suspectés ».

Connaissances lacunaires

Des thématiques qui suscitent d’autant plus d’inquiétude que les connaissances à propos des effets de ces subtances sur la santé sont encore lacunaires. « Les perturbateurs endocriniens (PE) s’inscrivent parmi les situations à risques caractérisées par un manque de confiance dans l’action publique et de crédibilité des informations », indique le rapport d’évaluation de la Stratégie nationale sur les perturbateurs endocriniens de décembre 2017. « La situation est d’autant plus complexe que certaines des substances concernées sont ubiquitaires », note Yvon Gervaise, de SGS Multilab. Produit il y a quelques années à plus de 3 Mt/an dans le monde, le bisphénol A (BPA) a été interdit dans les biberons et emballages en contact avec les aliments mais se retrouve encore parfois à l’état de traces dans les denrées. « Parmi les échantillons que l’on nous confie, nous identifions la présence de BPA dans 25 % des cas environ », révèle Jérôme Ginet, directeur du laboratoire Contaminants d’Eurofins France.

En matière de nanoparticules, les choses ne sont guère différentes. « Quand on analyse des poudres fines, utilisées dans les matériaux plastique, les vernis, l’agroalimentaire, dont on n’a jamais cherché à ce qu’elles soient “nano”, on s’aperçoit qu’elles disposent souvent d’une fraction résiduelle fine suffisamment importante pour qu’elles tombent sous le coup de la définition des nanomatériaux », souligne Patrice Dole, directeur du Pôle emballage au CTCPA de Bourg-en-Bresse. Face à cette situation, les industriels comme les distributeurs sont demandeurs d’un cadre réglementaire harmonisé. En attendant, certains font le choix d’appliquer le pincipe de précaution en limitant la présence de ces substances dans leurs produits.

Laurent Bénard

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