La crise du Covid-19 a eu pour effet de balayer les réticences grandes ou petites pour l’emballage en plastique et le plastique en général. Les ventes de produits préemballés aux rayons fruits et légumes, par exemple se sont envolées. Qui oserait aujourd’hui rappeler la question du BPA dans le « plexiglas » omniprésent sur les lieux de vente ?

Cette crise a démontré que le plastique est un allié incontestable de l’hygiène. « Le dialogue sera différent et plus facile. Les gens prennent conscience que l’emballage est un maillon important de la chaîne de consommation, rappelle Emmanuel Guichard, délégué général d’Elipso. Ce qui n’empêche pas de faire des efforts importants pour améliorer la perception de ce matériau. De multiples alternatives peuvent le rendre moins impactant pour l’environnement. Nous poussons fortement nos adhérents à aller vers le recyclage ». L’émergence du recyclage chimique et enzymatique devrait aussi contribuer à améliorer les résultats pour le PET et peut-être le PS. Il faudra également accepter le surcoût des résines recyclées par rapport à la matière vierge.

Du côté des industriels de l’alimentaire, certains encore se contentent de communiquer et même de semer la confusion pour masquer l’absence d’effort réel. Cependant, la loi du 10 février sur l’économie circulaire et contre le gaspillage s’avère très pragmatique – beaucoup plus réaliste qu’Egalim pour ce sujet – et fixe des objectifs concrets, atteignables et réajustables tous les cinq ans. Elle clarifie l’information au consommateur sur l’incorporation de matière recyclée, la compostabilité : interdiction du mot biodégradable et n’autorise le mot compostable que si l’emballage est aussi « home compost ».

Cette loi s’adapte aussi au potentiel des consommateurs à agir pour l’environnement et favorise par touche seulement, le réemploi (5 % en 2023 et 10 % en 2027) ou le vrac. De même pour la consigne, elle laisse la possibilité d’y échapper, si les taux de collecte des bouteilles sont satisfaisants. Elle lutte aussi contre les petits déchets sauvages avec, par exemple, les bouchons solidaires des bouteilles. Enfin, et c’est peut-être regrettable, l’intérêt des bioplastiques biodégradables est insuffisamment discuté. Cependant, la loi prévoit la remise d’un rapport au parlement avant le 1er janvier 2021 à ce sujet. En complément du recyclage, l’usage de plastiques biosourcés et compostables pour produire des films fins pourrait être un bon dispositif, respectueux de l’environnement.

Denis Lemoine