L’achat de matières premières est un élément clé de la compétitivité des industriels de l’agroalimentaire. Sa maîtrise porte autant sur la fixation du prix que sur la sécurisation de l’approvisionnement en volumes et en qualité. En agroalimentaire, le défi est d’autant plus grand que certaines commodités connaissent une grande volatilité de leur cours. C’est notamment le cas du blé ou du beurre, pour lesquels une bonne connaissance des mécanismes de couverture est indispensable. Exemple avec Vivescia (lire p. 22) qui a recours aux marchés à terme et aux options pour limiter son risque de prix.

Approvisionnements de proximité

Confrontés à des consommateurs en recherche de produits conférant toujours plus de sens à leurs achats, les industriels se doivent également de renforcer leurs liens avec leur amont agricole. Il s’agit pour eux de s’approvisionner au sein de filières d’excellence - tant sur le plan qualitatif que sociétal ou environnemental - parfaitement maîtrisées et en capacité d’assurer la pérennité de leurs approvisionnements en période de crise sanitaire, comme celle du Covid-19. Ils choisissent alors, de plus en plus, de s’impliquer dans la construction de filières locales, vertueuses et assurant une juste et suffisante rémunération aux producteurs agricoles. C’est notamment le cas dans le secteur du lait avec des entreprises comme Bel ou Schreiber qui s’engagent dans le cadre d’accords bi ou tripartites sur un prix garanti, respectant des critères de qualité et de bien-être animal, définis par un cahier des charges.

En porcs, Fleury Michon développe avec son partenaire Vallégrain, un élevage bio pilote, à la pointe de la technicité, respectant le bien-être animal et se devant d’être suffisamment rentable pour permettre l’installation de jeunes éleveurs (lire p. 27). Le commerce équitable fait également des émules puisque Agri-éthique a vu le chiffre d’affaires de ses produits vendus sous label progresser de 252 M€ en 2018 à 300 M€ en 2019. Parmi les autres tendances abordées dans ce dossier, citons la relocalisation des productions avec la construction de serres pour la production d’herbes aromatiques et de salades par Les Crudettes (lire p. 23), ou encore le recours à la négociation groupée par certains industriels de la boulangerie-viennoiserie-pâtisserie afin d’obtenir des prix plus compétitifs (p. 26).

Laurent Bénard