Etats généraux, mondialisation, food bashing, relations commerciales… le secteur est face à de nouveaux enjeux et défis. RIA a décidé de donner la parole à des dirigeants d’entreprises pour qu’ils présentent leurs visions et leurs clés de lecture d’un modèle en pleine révolution. Dans un monde globalisé, les consommateurs en appellent à des filières de production plus locales. « Car ce qui est produit près de chez eux les rassure », reconnaît Denis Lambert, président du directoire de LDC. Ce raccourcissement des filières de production est d’autant plus accéléré que la distribution « du dernier centimètre », comme la qualifie Xavier Riescher, directeur général de Panzani, devient efficace. Une nouvelle logistique, géolocalisée et ultraprécise, devrait démultiplier encore les possibilités.

Le digital bouleverse la donne

L’innovation est plus que jamais au cœur des enjeux. Mais une innovation ouverte, agile et responsable. « Il faut casser les silos », insiste Christophe Bonno, directeur général d’Agromousquetaires. Le bras industriel du distributeur Intermarché utilise ainsi une plateforme collaborative, anime un challenge interne et collabore avec des start-up. Le digital a bouleversé la donne, « induisant un devoir de transparence et d’écoute », note Régis Lebrun, directeur général de Fleury Michon. C’est surtout un moyen très efficace pour faire évoluer l’offre. « Nous devons nous inscrire dans une logique de coconstruction pour imaginer les produits d’aujourd’hui et de demain », explique Olivier Clanchin, président de Triballat Noyal.

C’est aussi du côté de la responsabilité sociétale et environnementale que l’industrie alimentaire devra faire bouger les lignes. « La RSE est devenue une nouvelle façon de penser notre croissance et nos investissements », révèle Paolo Barilla, vice-président du groupe Barilla. Sobriété énergétique, amélioration nutritionnelle, collaboration avec l’amont agricole… les chantiers sont multiples et permettront de renforcer la confiance dans les marques et les entreprises. Car, « Nos meilleurs défenseurs sont nos consommateurs », résume Jean-Baptiste Santoul, directeur général de Ferrero France. D’autres formes d’entreprenariats pourraient s’inviter dans le débat. « Le statut de Scop privilégie la solidarité et non l’enrichissement », plaide Rémi Roux, cofondateur et gérant d’Éthiquable.

Dossier réalisé par Laurent bénard, François Biaggini et Sylvie Richard