Moins d'un an après le "horsegate", la viande de cheval fait de nouveau la Une de l'actualité. Cette fois, il s'agit d'un trafic d'animaux impropres à la consommation pour avoir été utilisés par l'industrie pharmaceutique ou par des centres équestres. 200 animaux ont déjà été identifiés par le procureur de la République, mais l'affaire pourrait prendre une dimension plus importante puisque 50 semblaient être abattus chaque semaine à Narbonne. 21 personnes ont été interpellées et quatre d'entre elles déférées mardi devant le juge d'instruction.

Interbev pourrait se porter partie civile et demander réparation "pour cette nouvelle tromperie du consommateur". Le Sniv-SNCP estime, de son côté, que cette affaire montre que "les moyens de contrôle sont en place et fonctionnent bien".

Hasard du calendrier, la Commission européenne a publié mardi le rapport tant attendu sur l'étiquetage de l'origine des viandes utilisées dans les plats préparés (voir RIA News n°501). Sans se prononcer négativement sur cette mesure défendue par la France, elle insiste sur son éventuel impact sur la consommation en raison du surcoût qu'elle engendrerait.

Stéphane Le Foll, ministre de l'Agriculture et de l'Agroalimentaire, et Benoît Hamon, ministre délégué à la Consommation, lui ont répondu que ce surcoût avait été établi en France à moins de 5 % lors de la mise en oeuvre de l'étiquetage de la viande bovine fraîche quand la Commission l'évalue entre 15 et 20 % pour celui de la viande ingrédient. Mais surtout, ils estiment que ce dispositif contribuerait à la valorisation des produits européens. Et de conclure : "le gouvernement français mobilisera ses partenaires pour exiger de la Commission lors du prochain Conseil Agriculture une telle initiative législative".