Les ministres continuent de mettre la pression sur les distributeurs et ont tenu, hier, à le faire savoir… onze jours avant la clôture légale des négociations annuelles, et moins de trois semaines après la précédente réunion du comité de suivi des relations commerciales. Ce comité (*) avait en effet été convoqué hier afin de faire un nouveau point « dans la dernière ligne droite », comme on dit au ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation.

Ce dernier a certes observé un relatif apaisement, après la dernière réunion du mois de janvier « assez houleuse » entre industriels et distributeurs. Mais les avancées concrètes seraient trop hétérogènes suivant les enseignes et les catégories de produits. Si des efforts réels ont bien été accomplis à l’égard des PME, un trop grand nombre de conventions avec les ETI ou les grands groupes attendraient encore leur signature. Le médiateur des relations commerciales agricoles est saisi de nombreux dossiers, soit sur des problèmes transversaux de filières, soit sur des cas individuels.

Pas moins de 200 auditions

Du côté du ministère de l’Économie et des Finances, on confirmait le renforcement de contrôles à la fois plus précoces et plus précis. Après avoir reçu des signalements, la DGCCRF a ainsi auditionné quelque 200 fournisseurs. Des enquêtes sont en cours dans plusieurs centrales d’achat et une structure européenne – nos confrères de LSA parlent d’Agecore, à laquelle participe Intermarché – est en passe d’être sanctionnée. Bercy rappelle que trois distributeurs ont écopé d’une amende l’an dernier pour dépassement de la date butoir des négociations.

Dans leur communiqué, Julien Denormandie et Agnès Pannier-Runacher réclament « dans les quinze prochains jours un mouvement d’ampleur pour avoir un réel impact sur le revenu des producteurs ». Des difficultés de répercussion de la hausse des coûts de production restent importantes, dans les filières animales notamment. Pour l’heure, ils n’en sont pas tout à fait à brandir la menace d’une nouvelle loi, même s’ils se disent fortement sollicités en ce sens par les parlementaires. Ils préféreraient s’en remettre aux préconisations de la mission Papin… mais la loi reste une option.

B. Jullien

*Après sa sécession d’avec l’Ania et sa participation à la création de la CPME Agroalimentaire, l’Adepale n’a pas obtenu la possibilité de participer à ce comité de suivi comme elle le réclamait, semble-t-il à cause de l’opposition de l’Ania.