Publiées avec quelque retard, les statistiques du commerce extérieur pour le mois de mars ne donnent qu’une première impression de l’impact de la crise du Covid-19 sur les échanges internationaux. Hors tabac, les exportations agroalimentaires françaises ont légèrement moins reculé (- 3 %) que les importations (- 3,8 %), ce qui profite à l’excédent, qui progresse de 2,3 %. Ce phénomène est particulièrement marqué en produits laitiers, dont le solde bondit de 36,6 %, avec des exportations en hausse de 9,9 % et des importations en baisse de 8 %.

A contrario, celui des boissons (vins et spiritueux essentiellement) recule de 17,2 %, en raison d’une contraction des expéditions de 16,3 % tandis que les importations – beaucoup moins importantes en valeur – régressent de 14,2 %. Selon Agreste, ce recul s’explique par les taxes mises en place aux États-Unis, la fin des achats par anticipation liés au Brexit au Royaume-Uni, ou les mesures de confinement en Chine. À noter également que le déficit français sur les viandes diminue de près de moitié, avec des exportations en hausse de 4,2 % pour des importations en baisse de 8,3 %, en particulier depuis les Pays-Bas et l’Allemagne.

Sur les trois premiers mois de l’année, les exportations agroalimentaires françaises reculent de 1,8 %, et les importations de 1,7 %. L’excédent commercial diminue de 2,4 %. Si les exportations de produits laitiers restent en croissance (+ 4,7 %, pour des importations à - 8,3 %), les ventes de boissons (vins et spiritueux à 85 %) ont déjà chuté de 9,6 %. Les soldes déficitaires en viandes, produits de la mer ou fruits et légumes transformés se résorbent plus ou moins. Et la grande catégorie « autres » (produits d’épicerie, principalement) qui représente près de 20 % des exportations agroalimentaires françaises, voit encore son solde se dégrader avec une baisse des exportations de 0,5 % et une hausse des importations de 1,1 %.

B. J.

Voir aussi :

Le commerce extérieur agroalimentaire dopé par les pays tiers