RIA : Que représente l’alimentaire dans l’activité de la marketplace Amazon.fr ?

Patrick Labarre : La catégorie Épicerie, créée en septembre 2015, compte aujourd’hui plus de 200 000 articles en vente. Elle accueille tout type de vendeurs et offre différentes sélections, de la boutique artisanale comme Colis gourmands jusqu’à des PME comme Poissonnerie.com ou de plus jeunes marques comme Thés & Traditions. Parmi les vingt meilleures ventes d’épicerie enregistrées fin septembre, on trouve le café, l’huile de coco, les graines et la confiserie. Mais c’est une tendance qui change au cours de l’année suivant la saisonnalité des produits.

RIA : Quelles sont vos ambitions dans le domaine de l’alimentaire en France ?

Patrick Labarre : Aujourd’hui comme au premier jour, notre objectif reste le même : offrir un large choix de produits, au meilleur prix, associés à des services de livraison rapides et garantis. Pour les entreprises du secteur alimentaire qui pratiquent la vente en ligne, une marketplace telle que la nôtre, qui donne accès en quelques clics à des millions de clients potentiels à travers le monde, représente un levier de croissance inestimable. Avec un même compte, un vendeur en alimentaire peut aujourd’hui vendre partout en Europe si ses produits respectent les normes européennes.

RIA : Quels types de produits alimentaires devraient, selon vous, avoir un intérêt pour vos clients ?

Patrick Labarre : La catégorie Épicerie est une catégorie en pleine croissance sur la Marketplace d’Amazon France. On y trouve les produits alimentaires les plus demandés selon les tendances du marché français ou européens, comme le bio ou le savoir-faire local, par exemple. Au niveau global, on constate que les consommateurs privilégient le savoir-faire local, comme le confirme l’étude Nielsen Global Brand-Origin d’avril 2016, notamment quand il s’agit de produits frais. On compte d’ailleurs parmi nos vendeurs de produits frais une société comme Poissonnerie.com, cofondée par Erwan Corre.

RIA : La logistique « distribué par Amazon » est limitée aux produits stockés à température ambiante. Quand pensez-vous passer au frais, au surgelé ?

Patrick Labarre : Des vendeurs tels que Nuances Gourmandes Macarons ou Maison Lascours ont d’ores et déjà fait le choix de la Marketplace Amazon pour vendre leurs produits frais et surgelés et en assurent eux-mêmes la livraison. Pour ce qui est de la logistique propre à Amazon, nous n’avons pas de commentaire à faire sur le sujet aujourd’hui.

RIA : Quelle est votre vision du marché de l’e-commerce alimentaire ?

Patrick Labarre : Le marché de l’e-commerce sur le segment de l’épicerie en France est l’un des plus importants en Europe (5,3 % des parts de marché), ce qui prouve que les Français sont enclins à acheter des produits agroalimentaires en ligne. Dans notre volonté d’offrir des services de livraison rapides, garantis et adaptés aux besoins des clients, nous proposons désormais Prime Now et Pantry, deux offres adaptées à l’épicerie en ligne puisqu’elles permettent une livraison immédiate ou programmée, ainsi que le réclament les clients qui font l’expérience du shopping en ligne.

RIA : Pourquoi votre entreprise, Prêt à Pousser, utilise-t-elle les services d’Amazon ?

Jérôme Devouge : Lancée en 2014, Prêt à Pousser commercialise des kits à champignons et des potagers d’intérieur auprès de 110 000 clients. Notre chiffre d’affaires (4,5 M€ en 2017, 1,5 M€ en 2016) est réalisé à 80 % via l’e-commerce et à 20 % avec des magasins spécialisés type Fnac, Truffaut, Jardiland, Nature et Découvertes. En 2015, nous avons testé différentes marketplaces. Avec le même investissement temps et marketing, le chiffre d’affaires généré a été de 45 k€ en deux mois avec Amazon et moins de 2 k€ avec les autres. Par ailleurs, les ventes réalisées à partir de notre site Pretapousser.fr (60 %) progressent moins vite (doublées en un an) que via Amazon (multipliées par sept en un an). La force d’Amazon est à la fois son trafic entrant mais également sa capacité à transformer ce trafic en actes d’achat. Le taux de transformation des visites sur Amazon atteint les 20 %, contre environ la moitié pour notre site. Amazon est pour ses clients un gage de réassurance et est très performant sur les supports mobiles, de plus en plus utilisés. Enfin, leur service logistique « expédié par Amazon » est optimisé de telle sorte qu’il nous revient moins cher de passer par eux que d’utiliser notre propre logistique.

RIA : Vendre des homards sur Amazon, c’est possible ?

Erwan Corre : C’est tout à fait possible puisque nous avons réussi à y vendre, à l’occasion d’une opération promotionnelle (deal), une tonne de homards bretons en quelques heures. Poissonnerie.com est né de la société de trading Global Seafood, qui a racheté début 2017 Viviers de la Méloine, forts de 50 bassins et 60 tonnes de stockage. Cette infrastructure nous confère une capacité à traiter des volumes importants. Nous nous sommes également organisés pour expédier en un temps record des centaines de commandes via le service logistique Chronopost food. La force de frappe d’Amazon lors des deals est incroyable. Elle nous amène à consentir une remise très importante et à ne quasiment pas faire de marge, mais c’est en revanche une très bonne façon de nous faire connaître auprès de futurs clients. Mais attention, les personnes qui achètent sur Amazon ont des exigences fortes. Le service doit être impeccable, y compris dans la réponse aux questions. Un message d’un client posté sur Facebook reçoit une réponse dans le quart d’heure.

Propos recueillis par Laurent Bénard

Repères
    La Marketplace d’Amazon.fr

    Le business model fonctionne sur un mode d’abonnement de 39 € HT par mois qui donne au vendeur accès à la vente de ses produits sur la Marketplace Amazon des cinq sites européens : France, Royaume-Uni, Allemagne, Espagne, Italie.

    La commission prélevée sur les produits alimentaires est de 15 % par article vendu. Une promotion de 10 % sur les alcools est en cours.