« Les années se suivent et se ressemblent », déplorent la FNSEA et les Jeunes Agriculteurs après la publication du rapport 2019 de l’Observatoire de la formation des prix et des marges. Pourtant, ce dernier relève une « progression globale des prix payés à la production agricole initiée en 2017 » confirmée à + 2,2 % en 2018, après de fortes baisses en 2014 et 2015, puis une stagnation en 2017. Ce rebond est à mettre à l’actif du blé tendre, des fruits et légumes ainsi que, « dans une moindre mesure », du lait de vache. Mais les prix restent en baisse pour le blé dur, le porc, les bovins et les veaux de boucherie. Tandis qu’ils restent « quasiment stables » en volailles et en lait de chèvre. De plus, l’Observatoire note que, « en tenant compte du coût du travail et du capital », la couverture de l’ensemble des coûts agricoles « reste précaire ».

L’Observatoire a, par ailleurs, calculé comme chaque année les marges nettes de certains rayons alimentaires en GMS. Mais son estimation concerne 2017 seulement (manque de données complètes en 2018) : elles ressortent en moyenne à 1,2 % avant impôt, soit une baisse de 0,5 point par rapport à l’année précédente. Les produits carnés restent à 2,3 %, grâce aux marges élevées des rayons volailles et charcuterie, « compensant celles du rayon boucherie toujours négatives ». Les produits laitiers ont diminué, mais restent positifs à 0,5 %.

Quant à l’industrie alimentaire, ses tarifs sont restés « quasi stables » en 2018, avec des hausses (sortie usines) en viandes bovines (2,5 %) ou en produits laitiers (1,7 %, malgré la baisse du beurre après la flambée de 2017). Certaines catégories sont toutefois en baisse, comme la viande porcine (9 % en découpes, 2,2 % en jambons), les volailles (0,5 %) ou les pâtes alimentaires (1,8 %). L’Observatoire remarque également que « la part de la valeur ajoutée des importations dans les dépenses alimentaires (hors restauration) augmente », passant de 24 % en 1999 à 30 % en 2015 et révélant, pour partie, « une possible perte de compétitivité de certaines filières françaises » alors que « l’agriculture française ne représente que 6,5 % des dépenses alimentaires ».

Pour Philippe Chalmin, son président : « les prix agricoles, et donc le revenu des producteurs, ne dépendent pas, ou bien peu, des prix payés par les consommateurs pour des produits alimentaires dont la composante agricole est de plus en plus faible. Les prix des matières premières sont désormais, pour l’essentiel, en prise directe avec le marché mondial et ses fluctuations. Comment parvenir à lisser les fluctuations jusqu’au stade consommateur, dans un contexte de faible élasticité des prix en aval ? La logique contractuelle, assortie de règles du jeu claires, entre industrie et distribution, et élargie quand cela est possible à la production agricole, devrait être la norme et non, comme c’est le cas, l’exception ».

Télécharger le rapport 2019 de l’Observatoire des prix et des marges.