Absent du Salon depuis assez longtemps, l’Inra a fait son retour au Sial cette année, dans le cadre d’un partenariat sur l’espace FoodTech. « Nous avons déjà accompagné une centaine de start-up, dont plus de la moitié sont encore actives et ont permis la création de 400 emplois », explique Philippe Mauguin, PDG de l’institut. Il se félicite de « la convergence de ces dossiers avec nos propres recherches », précisant que « la compatibilité des innovations alimentaires avec les enjeux du développement durable doivent être au cœur de notre action ».

C’est pourquoi l’Inra met aussi en avant ses travaux sur le développement des légumineuses, notamment cultivées en association avec les céréales, pouvant déboucher, par exemple, sur des pâtes alimentaires. Selon Monique Axelos, directrice scientifique « Alimentation et bioéconomie », « elles combinent praticité en cuisine, diversité de goûts et atouts nutritionnels, tout en permettant de meilleurs rendements et une réduction des phytosanitaires pour l’agriculteur ».

L’Inra évoque également ses recherches en faveur de la perception du goût chez les personnes âgées (projet Optifel) ou de la réduction des teneurs en sel et en matières grasses (projet Terrifiq). Plus récemment dans le domaine laitier, elle a ouvert des chantiers sur la « poudre sans tour », visant à diminuer les coûts énergétiques, ou sur un nouvel aliment fermenté associant lait et légumineuses (projet Milup commencé avec le lupin).

« Le mouvement pour parvenir à un équilibre 50-50 entre protéines animales et végétales est bien parti », assure Philippe Mauguin, insistant sur le fait qu’il s’agit bien d’un « rééquilibrage » : « nous n’imaginons pas une agriculture durable sans filières animales », affirme-t-il.

Au moment du Sial, l’Inra a d’ailleurs également fait parler de lui en diffusant les résultats d’une étude observant une diminution de 25 % du risque de cancer chez les consommateurs réguliers de produits bio. Reconnaissant qu’ils ne permettent pas d’établir un lien de cause à effet, ses auteurs estiment que « ces résultats suggèrent qu’une alimentation riche en aliments bio pourrait limiter l’incidence des cancers ».

Enfin, l’Inra et l’Irstea (l’Institut national de recherche en sciences et technologies pour l’environnement et l’agriculture) avaient remis un rapport d’étape au gouvernement, la semaine dernière, sur leur projet de fusion dans un seul organisme de recherche.

B. J.