Selon une enquête de l’Ilec (Institut de liaisons et d’études des industries de consommation) auprès de ses adhérents, la dégradation tarifaire s’est accrue durant les négociations 2018, atteignant - 1,1 % en moyenne, contre - 0,6 % l’année précédente. En alimentaire, seulement 25 % des fournisseurs ont pu revaloriser leurs tarifs, au lieu de 38 %, et, pour un tiers d’entre eux, n’ont pu le faire qu’« au prix d’un plan d’affaires dégradé », d’après l’Ilec.

« Plus que jamais, la construction du prix marche à l’envers », regrette l’association, qui dénonce des « dérives grandissantes » en matière de promotions, d’accords internationaux ou de pénalités, alors qu’elle avait observé une légère embellie des relations en 2017, saluant notamment la charte de la FCD ou l’action de la DGCCRF. Pour 2018, il lui paraît « essentiel de faire contrôler et de sanctionner les abus et les pratiques illicites ».

« Les industriels ont aujourd’hui perdu toute maîtrise de leurs tarifs, donc de leur capacité à pérenniser leur activité en France », déplore l’Ilec, qui soutient le relèvement du seuil de revente à perte dans le projet de loi en cours de préparation. Et milite pour « une loi d’application immédiate à sa promulgation, afin de dissuader une surenchère promotionnelle en fin d’exercice qui empêcherait toute application effective des mesures avant la fin de l’année 2019 ».