Le solde entre les acquisitions et les cessions des groupes coopératifs s’élève à 1,873 milliard d’euros, contre 1,144 l’année précédente et 689 millions en 2015. Certes, le phénomène est amplifié par les acquisitions d’InVivo dans des activités de distribution (Jardiland en jardinerie, 730 millions, et Baarsma Wine dans le négoce de vins, 210 millions) mais, sans ces dernières, la progression resterait malgré tout proche du milliard d’euros. En outre, le nombre d’opérations menées par des coopératives est passé de 67 à 80 en 2017, dont 49 en dehors du secteur coopératif et 31 entre coopératives.

Pourtant, malgré l’essor de son territoire, le chiffre d’affaires de la coopération agricole avait reculé en 2016, de 86,9 à 85,9 milliards d’euros, en grande partie du fait de la mauvaise récolte céréalière. Mais avec 165 000 salariés et 21 milliards de capitaux propres, elle reste « un acteur majeur des filières alimentaires », assure Coop de France. Reste la question de sa faible rentabilité, de l’ordre de 1 % du chiffre d’affaires en termes de résultat net, en partie due à la valorisation de la production de ses adhérents qu’elle doit privilégier, mais également d’une relative faiblesse d’exploitation (3,57 % d’excédent brut sur chiffre d’affaires).

C’est pourquoi, dans le cadre des états généraux de l’alimentation, Coop de France milite pour « un changement de paradigme dans les relations commerciales ». Or « la bataille reste féroce et 2018 commence comme 2017 », regrette son président Michel Prugue, craignant que « l’information sur la signature de la charte (voir RIA News n°682) ne soit pas encore redescendue sur le terrain ». La tendance de fond reste toutefois favorable au mouvement coopératif, comme en témoigne le vœu présidentiel de regroupements à l’amont ou les réflexions en cours sur le concept d’entreprises à mission.

Notons par ailleurs que la FNCL (Fédération nationale des coopératives laitières) va fusionner avec Coop de France, au sein de laquelle elle deviendra Coop de France Métiers du lait.