Depuis lundi, 500 points de vente du groupe Casino (Monoprix, Franprix, Géant et Casino Supermarchés) proposent les produits à base de protéines végétales de Beyond Meat, présenté comme « un leader de la viande issue des végétaux ». « Le Beyond Burger est conçu pour plaire à nos fans carnivores et flexitariens », assurent les deux partenaires dans leur communiqué commun. Il ne contient ni soja, ni gluten, ni cholestérol, ni OGM, et correspondrait à une production de gaz à effet de serre de 90 % inférieure à celle de la viande de bœuf. Il est composé de pois pour la protéine, de betterave pour la teinte rouge ainsi que d’huile de noix de coco ou de fécule de pomme de terre. S’y ajoute une Beyond Sausage déjà commercialisée par l’entreprise américaine en Europe, dans d’autres enseignes ou en restauration. Pour l’heure, ces produits sont fabriqués dans l’usine de Beyond Meat située dans le Missouri. Mais l’entreprise prépare l’implantation d’un site en Europe, qui devrait ouvrir fin 2020, pour approvisionner les marchés européens.

Quelques jours plus tôt, la DGCCRF avait pourtant publié les résultats de son contrôle sur les denrées végétales réalisé dans 374 magasins. Remarquant que le prix de ces produits est « parfois deux à quatre fois plus élevé que celui de leurs équivalents d’origine animale », le service de Bercy note en outre que « tout en affirmant leur composition végétale », ces produits « cultivent souvent l’ambiguïté avec ceux d’origine animale » avec des dénominations « qui peuvent tromper le consommateur ». Et de citer les « fromages vegan », le « lait de chanvre », un « filet végétal façon canard », un « bacon vegan », un « filet de saumon végétal »…

Pour sa part, Sojaxa, qui réunit des industriels comme Alpro (Danone), Sojasun, Soy, St Hubert ou LSDH, veut redorer le blason du soja, et plus particulièrement du soja français. Tandis qu’à l’instar de Beyond Meat, certains de leurs concurrents mettent en avant le refus du soja – très souvent associé aux OGM –, l’association assure que « le soja français est une solution pour manger responsable » du fait de ses caractéristiques nutritionnelles et de sa production durable, à 100 % sans OGM.

Le marché des alternatives végétales aux protéines animales s’annonce prometteur. Nestlé s’y intéresse de près. Mais les interrogations qu’elles suscitent vont croissant : naturalité des compositions, process de transformation, parasitisme à l’égard des produits laitiers ou carnés… Leurs promoteurs vont devoir y répondre pour ne pas rencontrer les déceptions qu’avaient connues les produits santé après les restrictions draconiennes apportées aux allégations.

B.J.