« Fleury Michon met fin à son adhésion à la Fédération des industries charcutières, traiteurs et transformatrices de viandes et démissionne de ses fonctions au sein de son bureau. » Bref, l’entreprise vendéenne claque la porte de l’association représentative de son secteur, dont « les positions ne sont plus en adéquation avec les ambitions du groupe ». C’est le débat sur le Nutri-Score qui a sans doute cristallisé ce désaccord.

Fleury Michon l’a adopté dès son origine tandis que ses confrères y restent généralement hostiles, à commencer par sa rivale Herta, dont la maison-mère Nestlé continue de promouvoir un autre système (le Nutricouleurs), prônant l’échelon européen. Plus profondément, c’est sans doute d’un divorce culturel qu’il s’agit : recentré sur quelques catégories, Fleury Michon développe une stratégie délibérément moderniste qui ne correspond pas avec le positionnement beaucoup plus traditionnel de nombre de ses confrères.

De son côté, la Fict a « profondément » regretté cette décision , expliquant que si « l’information du consommateur est une des préoccupations clés de notre profession, le principe d’un étiquetage nutritionnel simplifié ne donne pas une information suffisamment complète ». Son président, Bernard Vallat, juge que le « cavalier seul » de Fleury Michon « fait prendre un gros risque à l’ensemble de la filière : celui de contribuer à la discréditer ». Et de mettre en avant la démarche adoptée par la Fict avant l’été qui vise notamment à tenir compte des apports des autres aliments consommés avec les charcuteries.