Avec 9,7 milliards d’euros enregistrés en 2018, les produits biologiques ont connu une croissance de 15,7 % l’an dernier selon l’Agence Bio : ils ne représentaient que 5,9 milliards trois ans auparavant. L’année précédente, la croissance était analogue, à + 17 %. La vogue serait donc en train de devenir une vague.

La grande distribution représente 49 % des ventes et prend des parts de marché grâce à une croissance de 22,6 %. Les enseignes spécialisées ne progressent « que » de 7,7 %, pour représenter 34 % du marché, suivies par la vente directe, 12 %, et le reste des autres canaux (artisans, commerçants, restauration), 5 %.

Les catégories de produits les plus dynamiques sont les viandes (+ 21 %, dont + 33 % pour le porc) et la crémerie (+ 20 %, tirée par les produits laitiers, + 25 %). Mais d’autres segments, plus modestes en volume, affichent des croissances encore plus importantes : surgelés, + 29 %, bières et cidres, + 27 %, ou produits traiteurs, + 22 %.

Les importations se sont stabilisées, avec 31,1 % de parts de marché, ce qui signifie malgré tout qu’elles ont connu le même rythme de progression que celui du marché dans son ensemble. Si certains univers en sont quasiment exempts (vins et spiritueux, œufs, produits laitiers, viandes), d’autres sont plus naturellement tributaires d’apports extérieurs comme les produits de la mer (77 %), les produits d’épicerie et boissons non alcoolisées (61,9 %) ou, dans une moindre mesure, les produits traiteurs et surgelés (34,4 %).

Côté production, l’Agence Bio note que 5 000 exploitations converties en 2018 portent à 9,5 % la part des agriculteurs engagés en agriculture biologique, pour 7,5 % de la surface agricole (un point de plus par rapport à 2017). Quant à la transformation, le nombre d’entreprises a augmenté de 12 % l’an dernier. Son président Philippe Henry estime que toutes ces évolutions sont le signe que « c’est tout le paysage français qui est en train d’opérer un véritable changement ».

Dépassant très probablement les dix milliards d’euros de chiffre d’affaires cette année, le marché français pourrait se rapprocher de l’Allemagne, 10,9 milliards en 2018 avec une croissance de 5,5 % seulement. Et découvrir de nouveaux risques – ceux de la maturité, quand la démocratisation commence à rimer avec banalisation –, voire se trouver en bute aux manifestations de défiance que peuvent susciter à terme tous les acteurs dominants.

B. J.