Le marché du lait de consommation s’est replié de 3,3 % en volume en 2018 mais sa baisse a été limitée à 0,3 % en valeur. « Notre travail de revalorisation commence à payer », se réjouit Emmanuel Vasseneix, vice-président de Syndilait et, par ailleurs, patron de la Laiterie de Saint-Denis-de-l’Hôtel (LSDH). De fait, les laits dits spécifiques (bio, aromatisés, délactosés…) progressent de 4 et 4,4 % respectivement, pour représenter plus de 26 % d’une consommation de 3,2 milliards de litres, soit deux points de plus qu’en 2017. Syndilait poursuit ses efforts au sein de la collective en faveur du petit déjeuner à la française, qui bénéficierait de façon assez nouvelle du soutien des pouvoirs publics. Avec l’essor des boissons végétales, l’évolution de cet instant de consommation en déclin constitue en effet un phénomène structurel pour le lait de consommation.

Autre motif de satisfaction, « le lait français regagne du terrain », se félicite Emmanuel Vasseneix. Les importations ont chuté de 58 % en trois ans à un volume limité à 95 millions de litres. Résultat : avec 320 millions de litres exportés, principalement vers l’Italie, l’Espagne et, suivant la conjoncture, la Chine, l’excédent commercial atteint désormais 112 millions d’euros. En France, le logo « Lait collecté et conditionné en France », créé en 2015, est présent sur plus de 60 % des emballages hexagonaux.

Cette année, le syndicat célèbre les vingt ans de l’IPLC. Présidé par Emmanuel Vasseneix, l’Institut professionnel du lait de consommation est la seule organisation professionnelle – avec les jus de fruits (ce n’est pas tout à fait un hasard puisque leur initiateur commun fut André Vasseneix, père d’Emmanuel) – à disposer de son propre système de contrôle. 30 laiteries sont auditées par des cabinets indépendants, dont une étrangère vendant en France, soit 95 % du marché, permettant de décerner un logo spécifique fondé sur une charte. La DGCCRF, éventuellement alertée en cas de problème, pourrait s’associer plus étroitement à la démarche, en sorte qu’une charte commune devrait être signée d’ici à la fin de l’année.

Enfin, l’industrie française du lait se prépare à la sixième journée mondiale du lait pour laquelle elle va de nouveau ouvrir les portes de sept laiteries, entre le 24 mai et le 5 juin. L’an dernier, 10 000 visiteurs s’y étaient rendus. Cette année, « nos programmes d’ouverture sont déjà complets », remarque Emmanuel Vasseneix, « et ces portes ouvertes ne suscitent toujours que des avis positifs ».

B. Jullien