Si l’arrivée du coronavirus a logiquement fait exploser les ventes de gels désinfectants, Nielsen vient également d’observer que l’épidémie commençait à influencer les autres achats des ménages. En Italie, les ventes de produits de grande consommation augmentaient de 8,3 % dès la semaine du 17 au 23 février, et même de 11,2 % dans la zone Lombardie-Vénétie-Ligurie, particulièrement affectée.

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En France, un tel phénomène n’était pas encore observé cette semaine-là, mais Nielsen constate que certaines catégories commençaient à afficher des évolutions inhabituelles, « signe qu’une partie des consommateurs commencent à stocker ». Il s’agissait des pâtes (+ 13 % en volume), des farines (+ 11 %), des huiles ou du café, ainsi que les couches et les essuie-tout. En revanche, le lait ou les eaux ne semblaient pas encore concernés.

Les événements se sont accélérés la semaine suivante (24 février au 1er mars) : le chiffre d’affaires d’un « ensemble représentatif de catégories » a progressé de plus de 20 %, certaines allant jusqu’à doubler, comme les pâtes – encore – ou les conserves de poissons, suivies des céréales, des riz et purées, des conserves de légumes, des huiles ou des eaux. Globalement, les ventes de PGC ont progressé de 5 % en valeur, tirées par l’épicerie à + 17 %.

Résultat : le samedi 29 février, des ruptures importantes devenaient visibles dans les rayons. Ce qui amenait, mardi, le ministre de l’Économie et des finances, Bruno Le Maire, à inviter les Français « à éviter les achats de précaution dans la grande distribution », ajoutant « qu’il n’y a pas de risque de pénurie sur les biens essentiels. » Il prévoyait alors de convoquer une réunion avec les grandes enseignes pour s’en assurer.

Un autre impact de cette crise est à prévoir sur les marchés agricoles. « Elle accentue les déséquilibres », craint Michel Portier, directeur général d’Agritel. Selon la société experte en stratégie des marchés agricoles et agro-industriels, une nouvelle hausse des cours du porc se profile alors qu’inversement, les cours céréaliers se sont déjà repliés de 5 %, de même que ceux de la poudre de lait (- 7 % depuis début janvier).