Pour sa première rentrée comme président de l’Ania, Richard Girardot a choisi – comme c’était prévu – de parler fort pour proposer « un plan d’action offensif » et « redonner aux entreprises alimentaires la place qui leur revient en France ». « Halte à la destruction massive de l’alimentation ! » s’est-il exclamé, se donnant pour priorité « la lutte contre les attaques caricaturales et incessantes contre l’alimentation qui entraînent la destruction sans fin de la valeur ».

Il veut pour cela « lever les tabous » : « oui, les fabricants des entreprises alimentaires sont des “transformateurs” » […] dans leurs sites de production où ils cuisinent à grande échelle ». Mais de reconnaître toutefois que s’ils assurent déjà la qualité et la sécurité alimentaires, « aujourd’hui, les consommateurs demandent plus de naturalité, d’origine, de durabilité, d’éthique… ». C’est pourquoi Richard Girardot entend « passer à la vitesse supérieure » dans le projet de constitution d’une super-base de données rassemblant toutes les informations « fiables et utiles » sur les produits.

Alors que le projet de loi alimentation entrait hier en seconde lecture à l’Assemblée nationale, il a proclamé le fait que l’industrie alimentaire puisse défendre ses enjeux, sans être accusée d’être « un lobby contre les pauvres distributeurs, les pauvres consommateurs, les pauvres »… Entrant peu dans le détail des positions de l’Ania, le président a cependant rappelé que le secteur avait perdu près de sept milliards d’euros, en cinq ans, entre la hausse des matières premières, celle des coûts de production et la déflation, occasionnant une perte de sept points de marge pour ses entreprises en douze ans.