L’Ania et Business France ont fait stand commun au Sial pour la première fois cette année. « C’est une chance d’avoir le Sial en France », observe Christophe Monnier, responsable du secteur agro chez Business France : « dans de nombreux secteurs, les grands rendez-vous internationaux se déroulent dans d’autres pays ». C’était l’occasion de tenter de mobiliser une nouvelle fois l’agroalimentaire français sur les défis de l’export alors que les performances françaises s’avèrent assez décevantes en la matière depuis plusieurs années.

« Au-delà des chiffres, nos entreprises connaissent de belles histoires à l’international et ont vocation à aborder le monde entier », affirme Michel Nalet, président de la commission Europe–International de l’Ania. Après avoir mené une enquête auprès des IAA, cette dernière confirme que le premier frein des entreprises à l’export réside dans la faiblesse des moyens humains qu’elles peuvent y consacrer. En revanche, « il faut démystifier les difficultés réglementaires d’accès aux marchés », ajoute Michel Nalet. Et d’en appeler à une sorte de plan Marshall, regrettant que « les interventions du monde politique en faveur de l’export soient assez rares ».

Toutefois, sous l’impulsion du Premier ministre, va être mise en place une « Team France Export » dans le courant de l’année prochaine. Grâce à un partenariat entre Business France et les chambres de commerce, une bonne cinquantaine des conseillers sera déployée en régions pour aller à la rencontre des PME. Testée en Alsace à l’initiative de l’Aria, sous l’impulsion de sa présidence, Manou Heitzmann-Massenez, cette sorte de guichet unique a permis aux exportations alimentaires de la région de connaître une croissance supérieure de deux points à la moyenne nationale.

En outre, le dispositif du VIE (Volontariat international en entreprise) est renforcé, avec l’allongement de la période de formation au sein de l’entreprise avant que le volontaire ne soit envoyé à l’étranger. Le nombre de VIE dans l’agroalimentaire devrait bientôt atteindre le millier – sur 10 000 au total – au sein de 300 entreprises, sachant qu’ils débouchent assez fréquemment sur une embauche.

Sur le Sial, Business France a par ailleurs organisé des rendez-vous avec 130 acheteurs internationaux. Sur un millier de demandes, quelque 300 entreprises françaises avaient été sélectionnées pour y participer, avec un espoir de transformation commerciale de 50 %. Les candidatures écartées relèvent souvent, selon Christophe Monnier, « d’un problème d’adéquation de l’offre aux attentes internationales ».

C’est précisément cette difficulté que semble avoir surmontée Fortwenger qui s’est vue décerner un RIA Globe dans la catégorie « industries agroalimentaires ». Remis en présence de Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d’État auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, les RIA Globes ont également récompensé So France, initiative conjointe d’InVivo et de l’Agence de l’alimentation de Nouvelle-Aquitaine. Enfin, le jury a attribué un coup de cœur avec Vinovalie pour son « rosé piscine ».

Retrouvez l’ensemble des candidats aux RIA Globes 2018 dans le numéro d’octobre de RIA.

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Benoît Jullien