L’Adepale « ouvre une nouvelle voie pour l’agroalimentaire français », annonce l’Association des entreprises de produits alimentaires élaborés (*). « Nous voulons désormais aller plus loin que nos missions traditionnelles », explique Jérôme Foucault, son nouveau président : « nos entreprises de taille moyenne voire petite, réparties sur tout le territoire, méritent plus d’attention ». C’est ce qui explique le départ de l’Ania, à l’exception d’un de ses six syndicats, décidé au mois de juillet dernier. « L’Ania est trop influencée par les problématiques des multinationales qui occupent un poids significatif dans sa gouvernance », estime Jérôme Foucault.

Et d’ajouter : « la crise actuelle a remis en lumière nos vertus », ce qui légitimerait l’Adepale à jouer un rôle nouveau dans les relations au sein des filières, en amont comme en aval. Concernant l’agriculture, « pilier des entreprises de l’alimentaire » selon Jérôme Foucault, « la loi Egalim a permis des progrès mais ne va pas assez loin dans le partage de la valeur ». L’Adepale a déjà rencontré Serge Papin, ancien patron de Système U chargé par le ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation d’une mission sur la répartition de la valeur dans les filières agroalimentaires précisément.

Concernant la grande distribution ou la restauration, l’Adepale a demandé de pouvoir participer aux réunions du comité de suivi sur les négociations commerciales organisées par le gouvernement. A l’ouverture des négociations 2021, elle s’inquiète déjà de demandes « inacceptables » de déflation pouvant atteindre 8 %, y compris pour des fournisseurs de la RHD, alors que la crise a généré des surcoûts importants et que la transition écologique nécessite des investissements. « Bloquer les prix serait suicidaire, la tarification est notre première source de revenu », insiste Jérôme Foucault.

Par ailleurs, l’association vient de rejoindre le pôle agroalimentaire créé par la CPME (Confédération des PME) avec Brasseurs de France, la Fédération des entreprises de boulangerie (FEB), la Fédération française des spiritueux (FFS) et l’Union des maisons et marques de vins (Umvin). « Nous serons ainsi mieux représentés et rendus libres de tout amalgame avec les entreprises internationales », explique Jérôme Foucault. « Ce pôle sera en mesure de peser à la table de toutes les négociations », ajoute François Asselin, président de la CPME. Intégrant la section « industrie » de la Confédération, la CPME agroalimentaire - Jérôme Foucault lui préférerait le terme d’alimentaire seulement - pourrait s’élargir prochainement à d’autres organisations.

Notons enfin que l’Adepale poursuit ses travaux avec la Fict pour fusionner leurs conventions collectives, normalement d’ici à fin 2021.

B. Jullien

(*) L’Adepale regroupe la Fiac (Fédération des industries d’aliments conservés), les ETF (Entreprises du traiteur frais), les EGS (Entreprises des glaces et surgelés), la FNLS (Fédération nationale des légumes secs), le SRF (Syndication de la rizerie française) et le SVFPE (Syndicat des fabricants de produits végétaux frais prêts à l’emploi). Ces six organisations cumulent 15 milliards d’euros de chiffre d’affaires, avec 258 entreprises employant 50 000 salariés.