Le ministre de l’Économie et des Finances a rencontré les représentants de la grande distribution puis le patron de Lactalis, Emmanuel Besnier, en fin de semaine alors que la crise prenait une ampleur nouvelle (voir RIA News n° 689). Peu tendre avec le numéro un laitier français, Bruno Le Maire s’est montré très volontariste pour prouver que les pouvoirs publics plaçaient la sécurité sanitaire des Français au premier plan.

Il a été décidé que Lactalis procède au rappel de l’intégralité des produits infantiles fabriqués par l’usine de Craon, en Mayenne, au-delà des lots soupçonnés de contamination. Ce qui représenterait plus de douze millions de boîtes diffusées dans 83 pays, des cas de salmonellose ayant d’ailleurs été détectés hors de France. Lactalis s’engage également à identifier précisément et à communiquer les causes de cette contamination, ainsi qu’à investir pour en prémunir définitivement son usine. Il indemnisera à 100 % les pertes de rémunération des salariés occasionnées par les mesures de chômage technique.

Cette affaire a contraint, pour la première fois, Emmanuel Besnier à sortir de l’ombre : après sa convocation à Bercy, il a accepté une interview avec le « Journal du dimanche », répondu à l’invitation – pourtant peu courtoise – de la FNSEA, puis rencontré le ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation, Stéphane Travert (ce que Stéphane Le Foll, son prédécesseur, n’avait pas obtenu). Soucieux d’apaisement, il s’est aussi engagé à indemniser les victimes et à maintenir la collecte laitière, de sorte que les éleveurs ne puissent être pénalisés par cette crise.

Hier matin, des perquisitions ont été menées au siège social du groupe, à l’usine de Craon ainsi que dans trois autres établissements du groupe à Torcé, en Ille-et-Vilaine (contrôle qualité), Changé, en Mayenne (annexe du siège social), et Choisy-le-Roi, dans le Val-de-Marne (Lactalis International Europe).