Coca-Cola European Partners (CCEP) vient de dévoiler sa nouvelle stratégie packaging qui consiste à s’appuyer sur la complémentarité des solutions techniques pour contribuer aux enjeux environnementaux. Cette politique est d’ailleurs en adéquation avec la stratégie de diversification de Coca-Cola. Elle repose sur quatre piliers.

Premièrement, la réduction à la source, déjà initiée avec un allégement de 25 % sur dix ans des bouteilles PET. Le groupe poursuit désormais son effort sur l’emballage secondaire en mettant en place un nouveau système cartonné le « keel clip » remplaçant le film plastique sur ses références-phares de Coca en canettes par six ou par huit (au-delà, il s’agira d’un étui en carton). Ce passage au carton suscite un investissement de vingt millions d’euros dans trois usines françaises.

Deuxièmement, la collecte du plastique dont l’Union européenne a fixé un objectif de 90 % d’ici à 2029. CCEP se fixe pour sa part un objectif de 100 % en 2025, contre 58 % aujourd’hui. Mais « le bac jaune ne suffira pas », explique Arnaud Rolland, directeur de la RSE : « pour y parvenir, il faudra développer un dispositif de consigne à destination du recyclage ». CCEP participe au programme collectif « Vous triez, nous recyclons » développé avec d’autres grandes entreprises et Citeo (ex-Eco Emballages).

Troisièmement, la réutilisation des conditionnements, le rPET représentant pour l’heure 28 % des plastiques utilisés par le groupe qui vise d’atteindre les 50 % en 2023. Dans ce cas, le recyclage mécanique devra être accompagné du développement de plastiques biosourcés d’origine végétale. Ainsi, les nouvelles marques Smartwater et Honest vont passer en 100 % rPET. Par ailleurs, la couleur de la bouteille de Sprite a changé de verte à la transparence pour faciliter son recyclage en rPET. Construite en 2012 avec Plastipak, l’usine bourguignonne Infinéo, à Sainte-Marie-la-Blanche en Côte-d’Or, produit déjà 1,5 million de bouteilles et fournit des préformes à l’usine CCEP de Grigny, dans l’Essonne. À noter au passage que le verre revient en force dans l’offre, après un investissement de 19 millions à Socx. Il représente 8 % des unités vendues par CCEP France, derrière les canettes (56 %) et le PET (28 %), le reste provenant des briques ou des poches par exemple.

Quatrièmement enfin, l’innovation, par exemple avec la participation au projet Loop développé avec Carrefour et reposant seulement sur des emballages réutilisables. Outre une expérience sur la réutilisation de plastique marin, CCEP étudie aussi un procédé de recyclage par dépolymérisation qui permet notamment de recycler des plastiques non alimentaires également. D’autres questions sont aussi à l’étude, comme celle du bouchon solidaire qui deviendra obligatoire en 2024.

Coté en Bourse mais détenu à 19 % environ par The Coca-Cola Company derrière l’espagnol Olive Partners (famille Daurella, 35 %), Coca-Cola European Partners est le premier embouteilleur de Coca-Cola dans le monde. En France, le groupe emploie 2 600 salariés, dont une force de vente de 600 commerciaux, et exploite cinq usines pour 2,2 milliards d’euros de chiffre d’affaires. Son fonds d’investissement CCEP Ventures vient de réaliser sa première opération en France en prenant 25 % de Kol, une start-up spécialisée dans la livraison à domicile de boissons.

B. Jullien