L’Ania a présenté les résultats de deux études menées par Harris Interactive sur les nouvelles attentes des consommateurs. Après les avoir interrogés en mars juste avant le confinement, l’institut de sondage leur a reposé les mêmes questions au mois de septembre. Conclusion de Jean-Daniel Levy, directeur de son département politique & opinion : « il n’y a pas de nouveau monde post-confinement mais plutôt une accélération des tendances qui préexistaient ».

De fait, l’enquête confirme la priorité donnée à la santé, au rejet des pesticides ou à la fraîcheur des produits comme premier critère de leur qualité. En outre, le souci du monde agricole progresse de 57 à 59 %. Mais celui du prix de vente également, 54 % des personnes interrogées l’estimant essentiel ou très important en cette rentrée, contre 51 % en mars.

Richard Girardot, président de l’Ania, confirme cet enseignement : « le couple qualité-prix demeure ». Selon lui, le plan de relance présenté par le gouvernement est « une occasion unique » pour soutenir les industries agroalimentaires dans ce sens… à deux conditions : relancer leur compétitivité, notamment grâce à l’allègement des impôts à la production, et rétablir la loyauté des relations commerciales.

Sur ce dernier point, Richard Girardot craint une reprise de la spirale déflationniste : « il ne s’agit pas d’une guerre des prix, mais d’une guerre des parts de marché entre les distributeurs. La loi Egalim fonctionne, donnons-lui encore une année ». Reste la question de l’investissement…

Après une baisse de 8 % observée en 2019, l’Ania anticipe un recul de 3 à 5 % pour cette année (- 11 % pour l’ensemble de l’industrie). Bien que deux tiers des projets aient été suspendus selon elle durant la crise, « les projets sont là et les besoins sont colossaux ». Les IAA devraient en effet consacrer près de 12 milliards d’euros à leurs outils dans les deux à trois années à venir. C’est pourquoi les discussions se poursuivent avec le gouvernement pour préciser l’application du plan de relance.

B. J.