Si la crise du coronavirus a entraîné une ruée sur certaines catégories de produits (riz, pâtes, etc.), elle a nui de façon assez imprévue à d’autres. C’est notamment le cas des produits frais auxquels les consommateurs préfèrent de plus en plus, à court terme du moins, les produits transformés. Ceux déjà produits peinent à s’écouler et ceux mis en culture ou en élevage ne peuvent revenir en arrière. Les ventes de fruits et légumes bruts auraient chuté de 30 à 40 % environ depuis une semaine. La grande distribution s’est engagée à privilégier les produits français et à en faire la promotion.

Mais certains produits transformés sont également touchés. C’est notamment le cas des produits sous signes de qualité. « L’appauvrissement alimentaire guette les rayons », s’inquiète le Cnaol (Conseil national des appellations d’origines laitières) qui voit une baisse des commandes passées aux transformateurs laitiers, appelant les distributeurs à maintenir « une pluralité de l’offre ». Dominique Chambon, producteur de Rocamadour AOP, va juste qu’à s’indigner que « certains distributeurs stoppent brutalement les commandes jugeant que les produits sous signe de qualité ne sont pas de première nécessité ».

Une tendance que devront scruter de près d’autres marchés qui pourraient subir des arbitrages pour des rééquilibrages de l’offre et – cause autant que conséquence – de la consommation. La dernière initiative de Carrefour en témoigne avec le lancement de ses Essentiels : des paniers préremplis, au prix maximal de cinq euros par jour, ou des kits thématiques, livrés à une cadence hebdomadaire. Le rôle prescripteur du distributeur est ainsi amplifié et aboutira à une sélection drastique des produits.

B. J.