La Cour des comptes a rendu public le référé adressé le 5 mars au Premier ministre sur les soutiens publics nationaux aux exportations agricoles et agroalimentaires. Elle note que « la dégradation de la France sur le marché mondial est alarmante », avec un excédent en baisse de 36 % entre 2007 et 2018 dans un commerce international « en forte croissance » où « les Pays-Bas, l’Italie, l’Espagne ou le Royaume-Uni gagnent des parts de marché ». Face à ces pays, elle estime d’ailleurs que la question de l’impact du coût du travail sur la compétitivité du secteur « peut être discutée ». Elle souligne au passage que « l’augmentation des importations françaises à un rythme très supérieur à celui des principaux concurrents soulève la question de l’adaptation de la production à la demande nationale ».

Rappelant les neuf « plans stratégiques » mis en œuvre par les gouvernements successifs entre 2012 et 2018, les « sages de la rue Cambon » étrillent le dispositif national de soutien aux exportations, n’hésitant pas à parler d’une « incapacité à agir collectivement ». La Cour émet donc quatre recommandations, personnellement signées par son président, Didier Migaud : élaborer un diagnostic partagé, tirer les conséquences du transfert de compétences économiques aux régions, organiser la promotion de la « marque France » et définir une méthodologie commune d’évaluation de l’impact des actions.

Le Premier ministre a répondu le 10 mai. S’il admet « le constat de l’érosion de la part de marché de la France » et « la nécessité de conjuguer les efforts », Édouard Philippe rappelle que « l’agroalimentaire français reste le troisième excédent du commerce extérieur de la France » et que les EGA contenaient un volet international. Le locataire de Matignon évoque la création de la marque « Taste France » qui nécessite une analyse juridique au regard de la réglementation européenne… tout en précisant que « Business France et les différents ministères concernés accompagneront les professionnels dans cette initiative qui doit, en premier lieu, résulter de l’action du secteur privé ».

Édouard Philippe précise enfin que la réforme du dispositif d’accompagnement à l’internationalisation des entreprises est engagée, notamment au travers de la création d’une « Team France Export », qu’il repose sur la coopération entre Business France, les CCI, BPIfrance et les agences de développement régional, au travers de la constitution de guichets uniques de l’export dans chaque territoire.

Consulter le référé de la Cour des comptes et la réponse du Premier ministre

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B. J.