Après les mesures d’urgence, un plan de relance. La Coopération Agricole (ex-Coop de France) présente au gouvernement une plateforme de propositions suivant quatre axes. Premièrement, renforcer un modèle agroalimentaire compétitif, notamment en supprimant (ou en compensant) les distorsions de concurrence sanitaires, environnementales et sociales entre la France, l’Europe et les pays tiers. En outre, elle recommande d’investir dans la recherche, en particulier dans le domaine des protéines végétales.

Deuxièmement, utiliser les atouts du modèle coopératif pour renforcer la structuration des filières. Mais pour cela, elles ont plus que jamais besoin de renforcer leurs fonds propres dans des modalités qui restent à préciser. Troisièmement, financer la décarbonation et les transitions agroécologiques du producteur au consommateur, avec la mise en place d’un fonds de transition agroécologique.

Quatrièmement, promouvoir le « produire en France » pour une alimentation saine et durable accessible à l’ensemble des consommateurs européens. Outre des efforts en restauration hors domicile ainsi qu’en grande distribution, La Coopération Agricole en appelle, de nouveau, à un meilleur soutien des exportations. Dominique Chargé (en photo), son président, réclame un doublement des accompagnements nationaux et régionaux ainsi que d’étendre la charte « La restauration collective en action » à l’hôtellerie pour profiter de la présence internationale des grands réseaux hôteliers français.

Pour les trois mois de mars à mai, les coopératives ont perdu en moyenne 28 % de chiffre d’affaires selon une enquête réalisée auprès de 318 entreprises. Pour 72 % d’entre elles, le surcoût de la crise — équipements individuels, primes aux salariés… — s’établit à 0,7 % du chiffre d’affaires. « Il est probable que cette situation inédite va accélérer certaines réflexions », estime Dominique Chargé : « qu’il s’agisse de partenariats ou de fusions, je ne peux que souhaiter que les coopératives se renforcent entre elles. Elles disposent de ressources insoupçonnées mais ont besoin de soutien. Une fois l’urgence passée ressurgiront des préoccupations montantes depuis le début des années 2000 : le recul des productions françaises a accru notre dépendance alimentaire ».

B. J.

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