Voici des années que l’Uppia cherche à rajeunir et revaloriser l’image de la « boîte ». L’heure est peut-être venue pour que l’Union interprofessionnelle pour la promotion des industries de la conserve appertisée (Uppia) puisse nourrir de nouvelles espérances. Après une croissance supérieure à 50 % au début du confinement, les ventes de conserves sont restées au-dessus des + 20 % dans sa seconde partie, au-delà des surstockages initiaux. Sur l’ensemble de l’année 2020, le marché devrait présenter une croissance comprise entre 5 et 10 %. Après avoir rapidement réagi en lançant une campagne de publicité sur les ondes radio au printemps, l’Uppia cherche désormais à entretenir ce mouvement.

« La période du confinement a encouragé les consommateurs à redécouvrir la conserve, nous allons maintenant favoriser de nouvelles expériences », résume Jean-Bernard Bonduelle, président de l’Uppia. Après avoir mené de nombreuses études, cette dernière vient de publier un « cahier d’exploration », notamment à destination de la distribution, pour démontrer que « la conserve est un choix responsable adapté à notre époque », selon Julien Couaillier, son délégué général. « La conserve coche toutes les cases des grandes tendances de la consommation », renchérit Martine Ghnassia, directrice d’InCapsule by Ifop qui a contribué à ce travail.

Et de souligner ses atouts environnementaux (recyclabilité, stockage ambiant, DDM longue…), de variété et d’équilibre (pas ou peu de conservateurs, Nutri-Score A ou B…), de proximité (approvisionnements locaux…) et d’accessibilité (prix moyen unitaire de 3,59 euros, pas de casse en rayon…). Certains de ses atouts sont d’ailleurs assez largement méconnus. « Alors qu’il est souvent assimilé, à tort, à de l’ultra-transformation, le procédé d’appertisation est au contraire ultra-simple et évite presque toujours le recours aux conservateurs », plaide Vincent Miginiac, président du groupe de travail distribution de l’Uppia. Un élément dont la méconnaissance constituerait souvent le premier frein à l’achat.

Plus précisément, l’Uppia va s’attacher à séduire les jeunes familles, à démontrer que la conserve répond aux nouveaux régimes alimentaires, notamment avec le boom des légumineuses, ou encore à conquérir les millennials, également sensibles au critère prix et découvrant les plaisirs de la cuisine. Par ailleurs, elle propose des pistes d’innovation pour mieux promouvoir ces produits dans des linéaires souvent assez moroses : signalétiques et théâtralisations spécifiques, cross-merchandising avec d’autres rayons, offres en lots ou en kits…

Le réveil de la conserve ? On est tenté d’y croire.

Benoît Jullien