RIA : Comment le marché des céréales du petit déjeuner se porte-t-il ?

François Rouilly : La catégorie des cé­réales du petit déjeuner représentait en France, en 2017, un chiffre d’affaires de 577 M€ de ventes en grande distribution pour 107 262 tonnes commercialisées. Elle a globalement bien résisté en volumes ces dernières années, mais a néanmoins subi des pertes en valeur, liées à la guerre des prix entre distributeurs. Depuis le début de l’année 2018, les volumes commercialisés ont – fait nouveau pour ce segment – baissé de 5 %. Ce résultat est le fait de promotions moins importantes et d’un moindre soutien publicitaire des marques dans ce marché déflationniste. Le segment des céréales conserve toutefois un fort potentiel de développement. Avec une consommation de 1,9 kg/habitant/an, les Français consomment trois fois moins de céréales que les Anglais. Le taux de pénétration de nos produits n’est que de 66 %, ce qui signifie qu’un tiers des foyers français n’en consomment pas.

RIA : Quelles sont les attentes des consommateurs pour vos produits ?

F. R. : Deux grandes tendances se dégagent : d’une part, le plaisir et, d’autre part, la naturalité et la recherche de produits sains. Ainsi, les mueslis croustillants, qui allient plaisir et naturalité, ont progressé de 7 % en valeur l’an dernier et les produits bio, d’un peu moins de 30 %. Les cé­réales fourrées, positionnées sur le créneau de la gourmandise, sont également en croissance.

RIA : Quelle est la réponse de votre syndicat à ces problématiques ?

F. R. : Nos adhérents se sont impliqués depuis plusieurs années dans l’amélioration nutritionnelle de leurs produits. Entre 2011 et 2017, les céréales du petit déjeuner ont vu leur teneur en sucres diminuer de 15 % et celle en sel de 23 %. Le taux de fibres a augmenté de 21 % et celui de céréales complètes de 20 %. Nous nous sommes par ailleurs engagés collectivement à ce que, d’ici à 2020, la teneur en sucres des céréales pour enfants et adolescents diminue de 7 % en moyenne. Par ailleurs, et au-delà des mesures individuelles déjà mises en place par certains, nos adhérents promettent de ne plus diffuser de publicités destinées aux enfants de moins de 12 ans dans les médias traditionnels et sur Internet, à l’exception de celles relatives aux produits respectant les critères nutritionnels spécifiques définis par Euplace, notamment en termes de teneurs en sucres, en sel et en matières grasses.

RIA : Que pensez-vous du Nutri-Score ?

F. R. : Notre syndicat est favorable à un affichage nutritionnel simplifié. Mais il est important pour nos entreprises qui commercialisent des produits dans différents pays de l’Union européenne que ce type d’étiquetage se mette en place dans un cadre européen. Le Nutri-Score ne l’étant pas, il s’avère donc très difficile à adopter. Nous souhaitons donc que la Commission définisse au niveau européen un système d’affichage nutritionnel simplifié, harmonisé et non stigmatisant.

Laurent Bénard

Repères

    Le Syndicat des céréales du petit déjeuner regroupe une dizaine d’entreprises sur les quinze que compte le marché.

    La profession représente près de 2 800 emplois directs.

    Le chiffre d’affaires du secteur est d’environ 577 M€, auxquels s’ajoutent 245 M€ réalisés à l’export.