« La situation est très inégale entre les entreprises. Les informations, que les délégués syndicaux sur sites nous communiquent, font état d’une mise en place progressive des consignes de sécurité, avec des situations extrêmes où les conditions de travail, trois jours après les premières mesures de confinement, étaient encore proches de la normale, avec tout au plus la mise à disposition de gel hydroalcoolique à l’entrée des ateliers, constate Richard Roze, secrétaire fédéral de FGTA* Force Ouvrière pour le secteur de la viande. Pour ces raisons, nous avons interpelé les pouvoirs publics, pour qu’ils demandent aux chefs d’entreprise de protéger et de prendre des mesures pour rassurer leurs salariés. »

Vaincre l’inquiétude par des moyens. « Nous avons des retours de personnels en larmes parce qu’inquiets, explique Patricia Drevon, secrétaire fédéral de la FGTA-FO pour le secteur de la volaille (en photo). Dans certains ateliers hors transformation de produits nus, les opérateurs travaillaient sans masque, épaule contre épaule. Des entreprises, même de grands groupes, étaient peu réceptives aux demandes des représentants du personnel au début du confinement. Notre champ de revendications immédiates est évidemment la mise à disposition de masques pour chaque salarié, mais également des aménagements tels qu’un décalage horaire d’entrée-sortie des vestiaires, le respect des distances de sécurité, la suppression temporaire de l’usage des tourniquets, le nettoyage des postes de conduite des chariots et divers équipements de transport entre chaque utilisateur, la fourniture de lingettes désinfectantes à proximité des claviers d’ordinateur, etc. Les salariés et leurs représentants ont parfaitement conscience des points de contaminations possibles, ils doivent être entendus sans mépris, comme c’est malheureusement trop souvent le cas. Nous voulons aussi un suivi en commission CSSCT de CSE du nombre d’arrêts maladie, atelier par atelier, pour vérifier s’il y a eu contamination sur le lieu de travail.

Des primes à la hauteur des efforts. Enfin, la fédération de l’agroalimentaire FO réclame, depuis le début du confinement, des primes pour un juste rendu des efforts accomplis et du volontarisme des salariés en cette période de crise. « Dans beaucoup d’entreprises, la surcharge de travail et les heures supplémentaires du fait du lissage annuel du temps de travail ne donneront pas lieu à des rémunérations supplémentaires mais simplement à des récupérations sans un sous de plus. De véritables primes sont plus que nécessaires si on considère la faiblesse des salaires en atelier, de très peu au-dessus du Smic, d’autant que l’épreuve de force, subie par les salariés lors de la contre-réforme des retraites, a laissé beaucoup d’amertume chez des opérateurs qui n’ont pas vraiment les moyens de faire grève », rappelle Richard Roze.

*Fédération générale des travailleurs de l’agriculture, de l’alimentation, des tabacs et des services annexes.