Famille Michaud Apiculteurs vient de mettre en service une usine de 12 000 mètres carrés au Canada dans laquelle 28 millions d’euros ont été investis. Objectif : relocaliser intégralement la production et le conditionnement du sirop d’érable Maple Joe, jusqu’à présent embouteillé en France. Créée en 2000, la marque est présente dans 52 pays où elle occupe une position de leader. Désormais, l’entreprise démarre sa commercialisation aux États-Unis et au Canada de sorte qu’elle prévoit de passer sa production de 1 700 tonnes actuellement à 5 000 tonnes en 2020, devenant alors numéro un mondial du sirop d’érable. La gamme va être déclinée avec un nouveau squeezer en PET.

C’est ce conditionnement qui est en partie à l’origine de l’impressionnante croissance de l’entreprise qui a imposé ses marques (Miel l’apiculteur, Lune de miel…) dans l’univers du miel. Lorsque Vincent Michaud en a pris les rênes en 1990, elle réalisait huit millions d’euros de chiffre d’affaires. Elle a atteint 147 millions en 2018, dont 21 % à l’export, avec 247 salariés. « Nous voulons devenir le spécialiste mondial des produits sucrants 100 % naturels », explique-t-il, militant pour la diminution de la consommation de saccharose. L’entreprise est ainsi également présente sur le marché du sirop d’agave Sunny Via et Sunny Bio qui va aussi être lancé aux États-Unis.

Mais son cœur de métier reste le miel pour lequel Famille Michaud Apiculteurs ne ménage pas ses efforts pour en réhabiliter l’image souvent mise à mal par certaines pratiques. Dans son site de Gan, dans les Pyrénées-Atlantiques, elle consacre deux millions d’euros par an à des contrôles qualité réalisés par 17 personnes dans un laboratoire qui vient de recevoir l’accréditation Cofrac. Pour en témoigner, elle refond sa gamme Lune de Miel pour y faire apparaître la photo d’un apiculteur qui l’a produit, avec un QR-Code renvoyant à des vidéos illustrant l’origine du produit. « Face au discrédit jeté sur le miel, nous faisons la transparence pour montrer qu’il s’agit toujours du meilleur miel possible ».

B. Jullien