Le 2 juillet a vu l’entrée de la région Bretagne au capital de Yer Breizh, société, regroupant éleveurs, accouveurs et usines d’aliment de l’ex-groupe Doux, associant LDC et Almunajem, Terrena, Triskalia et la Région. Cela représente, pour la Bretagne, un investissement à terme de 2 M€, lorsque sa part passera de 5 % à 33 % d’ici à trente mois. Pour Denis Lambert, président du directoire de LDC, « cette association était indispensable à une reprise dans les meilleures conditions des outils industriels ». France Poultry, filiale d’Almunajem, reprend l’abattoir de Châteaulin (29) et assurera un débouché de 70 000 t/an de poulets à Yer Breizh. Ce poulet entier, congelé, français, surtout destiné à l’Arabie saoudite, participe à la compétitivité de la filière française. Le futur outil de LDC, en construction à Châteaulin, absorbera près de 400 000 poulets par semaine, soit 12 à 13 % du poulet standard que la France importe chaque année.

« Le consommateur français préfère acheter des denrées fabriquées localement lorsqu’elles sont produites à un prix européen, rappelle Denis Lambert. LDC a fait la preuve que cela était possible. » Selon Almunajem, en Arabie saoudite le poulet Doux est gage de qualité et les aspirations des consommateurs en matière d’environnement et de bien-être animal sont identiques à celles des Français. « La Région a choisi de coaliser les forces et d’utiliser justement l’argent public pour refonder le modèle volailler breton, vers plus de qualité. Ce projet s’incrit dans la transformation globale de la filière alimentaire », argumente Loïg Chesnais-Girard, président du conseil régional. Cet attelage, rendu possible par la loi NOTRe*, préfigure peut-être une nouvelle façon d’implication des Régions dans la vie économique.

*Nouvelle organisation territoriale de la République.