A l’heure où 86 départements font l’objet de mesures de restriction d’eau et où le rapport Climsec de Météo France anticipe, d’ici à 2080, de possibles « sécheresses agricoles extrêmes dans la majeure partie de l’Hexagone », la filière agroalimentaire cherche à économiser une ressource de plus en plus rare et coûteuse.

Toutes activités confondues, l’industrie représente 20 % de la consommation d’eau dans le monde. L’agroalimentaire fait partie des grands secteurs utilisateurs. En France, il consomme­ 400 millions de mètres cubes par an. Le projet Minimeau, construit au sein du réseau Actia et soutenu par l’ANR, consiste à modéliser les débits d’eau en usine ainsi que la concentration en polluants afin de simuler l’impact de la mise en place de sys­tèmes de filtration-désinfection pour réutiliser cette ressource. Selon les filières, les économies engendrées pourraient varier de 25 à 75 %. La ru­brique Qualité de ce numéro présente de nombreuses initiatives pour réduire les consommations. Ainsi en va-t-il du partenariat Ania-BWT, qui vise à accompagner les entreprises dans leur maîtrise du cycle de l’eau, ou du projet Aquarel, notamment consacré au développement du recyclage des eaux issues du lait et qui a identifié vingt-sept bonnes pratiques à diffuser.

En usine, une analyse du site Laïta de Créhen (22) montre qu’une évolution réglementaire permettrait de réutiliser les eaux issues du lait, notamment pour le rinçage final des installations, et assurerait une baisse de 30 % de la consommation d’eau de ville et de forage ! Le gouvernement fera-t-il évoluer la réglementation ou demeurera-t-elle un frein à la lutte contre le réchauffement climatique ?