En 2018, le chiffre d’affaires de Danone a augmenté de 2,9 % en données comparables, à 24,651 milliards d’euros (- 0,7 % en données publiées, à cause d’un effet changes de - 6,6 % et malgré l’intégration de WhiteWave). Sans le boycott de ses produits laitiers au Maroc – où la situation serait en voie de rétablissement progressif –, la croissance interne aurait atteint 3,6 %. La marge opérationnelle courante progresse d’un demi-point, à 14,45 %, et le résultat net, de 5,4 %, à 2,3 milliards, soutenu par la plus-value de 701 millions générée par le désengagement partiel du japonais Yakult. « Nos objectifs ont été réalisés dans un environnement volatil, tout en transformant notre modèle vers notre objectif 2020 », résume Cécile Cabanis, directrice générale finances du groupe.

Les activités eaux et nutrition spécialisée ont connu des croissances supérieures à 5 %. Mais le groupe célèbre surtout « la stabilisation des produits frais en Europe », selon Emmanuel Faber, son PDG. Alors qu’elle s’est redressée en Amérique du Nord (de - 2 % à + 1,5 %), la division produits laitiers et végétaux « internationale » (Europe comprise) est passée de - 1,3 % à + 0,1 %, et même à + 2,1 % sans les aléas du Maroc, dont la perte de chiffre d’affaires est estimée à 178 millions d’euros.

Après « la fin de l’Efsa » il y a huit ans (durcissement réglementaire sur les allégations) puis une relance avortée, Activia est redevenue le fer de lance de l’activité, qui est repassée en croissance au quatrième trimestre. « Activia is back », assure Emmanuel Faber, qui reconnaît : « Nous nous sommes plantés mais avons eu le courage de nous réinventer. » Et si « la croissance européenne pose la croissance de Danone », Activia poursuit son internationalisation avec des jus de légumes fermentés lancés au Mexique et bientôt une alternative végétale au lait d’amande.

Le groupe se veut toujours innovant, alors que la part des produits de moins de deux ans est passée de 16 à 25 % des ventes entre 2016 et 2018, grâce à un « time to market » réduit de 40 %. Cela passe également par la diversification des réseaux de distribution : le e-commerce a généré l’an dernier un milliard d’euros de chiffre d’affaires (dont deux tiers d’additionnel environ), en hausse de 40 %, et Danone ambitionne de doubler ce chiffre d’ici à 2020.

Enfin, le nouveau Danone a, selon son patron, vocation à participer à la « révolution de l’alimentation ». Huit de ses marques, à commencer par Blédina, se sont tournées vers le bio. 30 % du chiffre d’affaires a reçu la certification B-Corp. 20 % de marques « activistes » présentent une croissance triple à la moyenne. Et le groupe, qui va fêter les cent ans de Danone cette année, déploie son programme « une personne, une voix, une action ». Après avoir mené une première consultation, qui a reçu 75 % de participations, une action sera donnée à chacun de ses 100 000 salariés à l’issue de la prochaine assemblée générale, avec un paiement de dividende spécifique.

Benoît Jullien