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Danone : Emmanuel Faber défend son bilan

Danone : Emmanuel Faber défend son bilan
AFPDanone CEO Emmanuel Faber. (Photo by PATRICK KOVARIK / AFP)

Menacé d’éviction, le PDG de Danone a repris l’offensive pour démontrer que le groupe était sous contrôle… et plein d’optimisme.

On le disait sur la sellette après les véhémentes critiques formulées par deux fonds, voire le désaccord de soutiens naturels : Emmanuel Faber a profité de la présentation des résultats 2020 du groupe Danone pour répondre point par point à ses détracteurs, se disant à la fois « serein, très concentré et plus à l’écoute que jamais ».

Son plaidoyer pro domo se fonde en bonne partie sur la comparaison avec les performances, depuis cinq ans, de ses principaux concurrents (Nestlé, Unilever, Pepsico…) pour démontrer que Danone se situe généralement au moins en milieu de tableau, et non en dernière position, dans cette compétition. Seule faiblesse dans cette comparaison, « nous devons aller chercher 2,5 points de marge sur les frais généraux », reconnaît Emmanuel Faber pour justifier son dernier plan de restructuration : « nos grands concurrents l’ont déjà fait ».

En 2020, « nous avons atteint nos objectifs » ajoute-t-il, évoquant bien sûr la croissance du végétal qui représente déjà 10% des ventes du groupe – une façon de réfuter l’accusation selon laquelle l’intégration de WhiteWave n’aurait pas tenu ses promesses alors que son périmètre, pour la dernière fois analysé de façon distincte, a augmenté de 11% l’an dernier. Il insiste également sur le « redressement » des produits laitiers, « grâce au soutien apporté à nos marques » - une façon de vanter ses actions marketing parfois jugées insuffisantes.

Réduction de gammes

Depuis cinq ans, « nous avons accéléré sur l’innovation », précise-t-il : « nous sommes même en sur-innovation. La grande distribution disposant de moins de bande passante, nous allons devoir diminuer le nombre de références de nos gammes de façon adaptée ». Des réflexions sont toujours en cours sur une « revue de portefeuille » même si l’année démarre avec l’acquisition de Follow Your Heart (pionnier californien des mayonnaises et « fromages » végétaux). Cette revue sera « sans tabou » promet Emmanuel Faber, rappelant la vente fructueuse de la participation dans Yakult l’an dernier, alors que certains réclament jusqu’à 30% de cessions.

Emmanuel Faber répond aussi implicitement aux critiques de nature plus boursières. Ainsi, la composante financière de la rémunération des dirigeants va être conditionnée à des évolutions du cours de l’action et du taux de dividende supérieures à la médiane du secteur. Par ailleurs, le conseil d’administration est désormais composé à 70% de personnalités « indépendantes ». Enfin, le dividende proposé aux actionnaires au titre de l’exercice 2020 ne diminue que de 8%, alors que le résultat net par action a chuté de 13,2%. « Pas question de supprimer le dividende », répond Emmanuel Faber à des syndicats qui réclamaient une diminution sans doute plus drastique. Mais « le siège mondial de Danone, en France, étant le plus touché par le plan de restructuration, aucun dividende ne sera prélevé sur les filiales françaises et celui du groupe sera assuré par l’ensemble de ses filiales internationales ».

A quelques semaines de la reprise…

Danone veut ainsi montrer son optimisme : la reprise de la croissance devrait se produire mécaniquement dès le deuxième trimestre, ne serait-ce qu’en raison d’un effet de base historique, et la marge commencer à se redresser dès le second semestre pour dépasser les 15% en 2022. « Nous ne sommes qu’à quelques semaines de retrouver la croissance et la supériorité du portefeuille de Danone est là », affirme Emmanuel Faber qui se refuse à tout commentaire sur son avenir personnel : « tout le monde est perfectible et je ferai mon acte de contrition, si nécessaire, le moment venu ». Mais l’heure n’est pas à l’examen de conscience pour le patron de Danone.

Benoît Jullien
Plombé par les eaux

Le chiffre d’affaires de Danone a diminué de 6,6% en 2020, à 23,62 milliards d’euros. En données comparables (hors effet devises et périmètre), les ventes ont diminué de 1,5% : +3,4% pour le pôle produits laitiers et végétaux, -0,9% pour la nutrition spécialisée et -16,8% pour les eaux.

Si les volumes ont bien résisté (-0,1% globalement), le mix du groupe s’est détérioré avec la baisse de la part relative de la nutrition spécialisée qui s’avère être l’activité la plus rentable. Conséquence, le résultat opérationnel du groupe baisse de 13,8% (-10,9% en comparable), à 3,3 milliards, la marge opérationnelle courante passant de 15,2 à 14% : 10,2% pour les produits laitiers et végétaux, 24,5% pour la nutrition spécialisée et 7% pour les eaux. Le résultat net se stabilise à 1,95 milliard.

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