« En dix ans, la consommation de produits élaborés est passée de 41 % de la consommation de viande de bœuf à domicile à 52 %, explique Mathieu Pecqueur, directeur général de Culture Viande. La viande hachée fraîche a, elle, progressé de 22 % en volumes (16 000 t) durant cette période. »

Or si le ratio chiffre d’affaires sur volume, équivalent à un prix moyen, n’a quasiment pas évolué pour la viande hachée et notamment la viande hachée surgelée, il a augmenté de plus de 15 % pour la viande brute. Résultat, la viande brute, de moins en moins consommée, devient de plus en plus chère ! Depuis 2014, les prix de la viande hachée à 15 % de MG sortie industrie n’ont en effet progressé que de 4,1 %, contre 10 % pour l’entrecôte.

« C’est un véritable cercle vicieux qui menace l’équilibre économique de notre filière », dénonce Mathieu Pecqueur, qui appelle à une revalorisation des prix de la viande hachée, si l’on veut que les produits piécés restent abordables pour le consommateur.

Crise annoncée dans le porc

La conjoncture ne semble guère plus favorable en porc. Le prix au cadran, déjà descendu à 1,20 €/kg, devrait continuer à chuter sous l’effet cumulé d’une offre communautaire abondante (+ 2 % par rapport à l’an dernier), d’une consommation en berne (- 4 % en viande fraîche et - 2,5 % en charcuterie pendant les six derniers mois) et d’un export pays tiers en recul.

À cette situation s’ajoute la psychose de la fièvre porcine africaine, aux portes de l’Hexagone. En quelques jours, le prix du porc en Belgique a perdu près de 25 centimes après la déclaration de foyers de FPA sur la faune sauvage.

Face à cette menace, Culture Viande demande que le gouvernement se mobilise pour obtenir au plus vite de la part de ses principaux clients pays tiers (Chine, Japon, Corée, Philippines) :

• une régionalisation de notre territoire pour autoriser les régions françaises qui ne seraient pas touchées par le virus à pouvoir continuer à exporter ;

• un distinguo entre faune sauvage et porcs charcutiers, pour l’évaluation du risque et les conditions sanitaires d’exportation.

Laurent Bénard