On savait l’économie sucrière française en difficulté… mais pas à ce point ! Après Südzucker avec Saint-Louis Sucre et la crise interne de Tereos, Cristal Union lance un plan de restructuration alors qu’il restait encore relativement confiant il y a dix mois, fier de détenir un des outils industriels les plus performants d’Europe.

Le groupe coopératif projette de fermer ses sites de Bourdon (notre photo), dans le Puy-de-Dôme, et de Toury, en Eure-et-Loir, ainsi que d’arrêter partiellement l’activité de conditionnement d’Erstein, dans le Bas-Rhin. S’engageant à trouver des repreneurs ou des solutions alternatives, il justifie sa décision par les résultats négatifs de son dernier exercice clos au 31 janvier 2019, « en dépit des mesures déjà prises comprenant, entre autres, la fin du système de prix de betterave garantis et la réduction des investissements ».

Cristal Union reproche à l’Union européenne de ne pas avoir mis en place des mesures de gestion de marché, ni d’aides à la restructuration, tout en renforçant les contraintes réglementaires en matière phytosanitaire. Pendant ce temps, « la majorité des pays producteurs, notamment la Thaïlande, l’Inde et le Brésil, subventionnent d’une manière ou d’une autre leur filière ».

La CGB (Confédération générale des planteurs de betteraves) regrette que le groupe prenne une décision « qui ampute, dès la première crise postquota, le potentiel français de production de sucre », indiquant que Toury présente les plus hauts rendements de l’Hexagone et que Bourdon en est la plus ancienne sucrerie. Elle espère enfin que la marque alsacienne Erstein ne sera pas ainsi fragilisée.

B. Jullien