La Commission européenne a ouvert une enquête sur les différentes tables rondes organisées par le ministère français de l'Agriculture et de l'Agroalimentaire durant l'été dernier pour tenter de remédier aux crises de l'élevage (voir RIA News n°580). Elle soupçonne des comportements anticoncurrentiels dans les filières bovine, porcine et laitière provoqués par d'éventuels accords sur les prix ou des restrictions aux importations.

Réagissant à des plaintes reçues à ce sujet - l'Allemagne est évoquée -, elle a donc demandé moult informations aux différentes parties prenantes que ces dernières (FNSEA, Coop de France, FNPL...) devront lui fournir d'ici au 15 février prochain. De fait, une revalorisation des prix payés aux producteurs avait été recommandée aux différents acteurs : un prix du lait payé aux producteurs pour la fabrication de produits MDD au niveau des produits à marques (interprété par certains comme un plancher de 340 euros pour 1 000 litres de lait) et un prix objectif de 1,40 euro le kilo de porc, par exemple.

Mais dès l'époque, Stéphane Le Foll se défendait d'intervenir ainsi dans les mécanismes de fixation du prix et des industriels comme Bigard ou Cooperl se sont d'ailleurs immédiatement affranchis de ces recommandations. Si une entente était avérée - en dépit de la publicité accordée à ces tables rondes -, son efficacité aurait donc été de toute façon très discutable. Comme dans la récente affaire de la volaille en France, le rôle des interprofessions - ou leur absence - reste sans doute la question de fond.

Crédit photo : PATRICK KOVARIK