Selon IRI Insights, les volumes des ventes de produits de grande consommation ont diminué de 1,4 % en 2019 dans les grandes surfaces alimentaires, soit une accélération de la décrue entamée en 2018 (- 0,7 %) après deux années de stagnation en 2016 et 2017. Il faut remonter à 2015 pour retrouver une croissance de 1,5 %. Alors que la population française a légèrement augmenté depuis quatre ans (+ 0,6 %), les volumes de PGC ont diminué de 2 % durant cette même période pour le panéliste.

Côté valeur, l’évolution n’est guère plus favorable, même si elle reste positive : la croissance du chiffre d’affaires des PGC n’a atteint que + 0,8 % en 2019, contre + 1,2 % en 2018 et + 1,6 % en 2017. Certes la valorisation se poursuit (+ 1,3 %, à laquelle s’ajoute une inflation de 0,9 %*) mais elle se tasse, ce qui témoigne, selon IRI, « de tensions dans le budget des shoppers, d’autant que les signes d’une attention grandissante au prix n’ont jamais été aussi nombreux ». Pourtant, l’offre répondant à l’attente d’une transition alimentaire (bio, végétal, sans…) progresse : elle représente 8,6 % du marché et les trois quarts de la croissance en valeur des PGC.

Ce que valide, à sa manière, Kantar et son panel de consommateurs : « un nouveau modèle de consommation se confirme », avec « la fin de l’hyperconsommation qui a constitué un véritable tournant en 2018 et s’impose à tous en 2019 ». L’institut estime à + 0,2 % la croissance en valeur des dépenses des ménages en PGC et en produits frais libre-service.

N’en demeure pas moins qu’une relative reprise de l’inflation, en partie causée par la loi EGalim, a profité aux enseignes misant d’abord sur les prix. Lidl a gagné 0,4 point de parts de marché en 2019 selon Kantar Worldpanel, tandis que les trois groupes d’indépendants (Leclerc, Intermarché et Système U) représentent 47,4 % du marché, soit trois points de plus qu’il y a cinq ans.

Depuis quelques années, la valorisation du marché alimentaire compensait assez largement l’atonie des ventes en volume. 2020 semble, pour l’heure, annoncer une nette atténuation de ce phénomène. Ce qui ne devrait pas manquer d’aviver les tensions commerciales et peser sur la rentabilité, déjà faible, du secteur agroalimentaire.

B. Jullien

* La croissance du chiffre d’affaires est la résultante de la somme de l’inflation (0,9 %), de la valorisation (+ 1,3 %) et de l’évolution des volumes (- 1,4 %).