Depuis le 1er juillet, le groupe Labeyrie Fine Foods s’est réorganisé. Aux côtés des pôles marée et métiers (auxquels s’ajoute Aqualande détenue à 50 %), marchés spécialisés (MDD, RHF…) et international, la « business unit » Premium & Trendy Foods regroupe l’activité à marques – Labeyrie, Delpierre, Blini et Atelier Blini – dans les GMS françaises, soit 280 millions d’euros de chiffre d’affaires. Elle est structurée entre le premium traiteur de la mer, le premium terroir et les « trendy foods », tirés par l’apéritif qui affiche une forte croissance, notamment grâce à l’essor des tartinables végétaux. À cette occasion pourtant, l’axe snacking a été mis de côté : « il était un peu en marge du positionnement central de nos marques dont le niveau de prix élevé les porte davantage vers des produits plaisir à partager que sur des produits de consommation courante », explique Jacques Trottier, directeur général de la BU.

En 2018, l’impact du mouvement des Gilets jaunes n’a peut-être pas été aussi important que craint, une partie des ventes des samedis ayant été décalées en semaine. Si le chiffre d’affaires du saumon fumé a diminué de 2,7 % sur les deux dernières périodes de l’année, celui du foie gras – encore non publié – devrait connaître un rebond après les épisodes de grippe aviaire qui avaient fortement pénalisé les disponibilités. En revanche, les effets de la loi Alimentation suscitent des interrogations, sur des marchés structurellement portés par l’activité promotionnelle : 50 % des ventes de saumon fumé, 80 % de ventes de foie gras. « Nous allons devoir inventer de nouvelles solutions avec les distributeurs », reconnaît Jacques Trottier, « mais cela peut constituer des opportunités pour de belles marques comme les nôtres et nous encourager à cultiver le fonds de rayon ». Et c’est précisément sur la complémentarité de ses marques que compte Labeyrie.

Labeyrie poursuit ainsi sa diversification vers la charcuterie fine, commencée avec le Pata Negra et qui va être étendue à des références d’origine italienne. En saumon fumé, elle lance trois nouveautés à sel réduit de 25 %, une origine Sibérie ainsi qu’une truite fumée des Pyrénées. Delpierre est repositionnée sur le créneau du poisson responsable, avec l’ensemble de sa gamme converti au sans-antibiotique. Blini va occuper le créneau de l’apéritif « décomplexé et cosmopolite » avec une nouvelle identité graphique. L’Atelier Blini enfin, grande réussite de l’entreprise lancée il y a cinq ans, a pris 23,6 % en valeur du segment des blinis, taramas et tartinables, aux deux tiers en additionnel par rapport à Blini. Elle va notamment se décliner en bio avec un guacamole, des blinis ainsi que deux références de biscuits apéritifs d’inspiration italienne.

Par ailleurs, une équipe de onze personnes est désormais dédiée au category managment pour porter un message général sur l’ensemble des rayons, message relayé par une force de vente de 70 commerciaux désormais, et qui devrait se concrétiser bientôt par la conception d’un nouveau meuble de vente.

B. Jullien