En 2019, RIA News a recensé une quarantaine d’opérations interentreprises notables dans l’agroalimentaire français. Elles cumulent près de 3,6 milliards d’euros de chiffres d’affaires, soit un milliard de plus que l’année précédente. Toutefois, cette hausse peut essentiellement être mise à l’actif de deux opérations majeures : la reprise de 60 % d’Herta, 667 millions de chiffre d’affaires (sans les activités végétales que conserve Nestlé), par l’espagnol Casa Tarradellas (lire ci-dessous « Avec Herta, l’Espagne s’installe dans la charcuterie française ») et le passage de Continental Foods, 400 millions avec Liebig notamment, dans le giron de l’espagnol – encore – GBFoods. À ce niveau vient s’ajouter la prise de contrôle de MBWS (390 millions) par la Cofepp.

Sinon, les opérations entre entreprises françaises de tailles intermédiaires ou modestes n’ont que légèrement progressé (+ 4 %), portant sur un total de 312 millions d’euros.

Parmi les acquisitions d’entreprises supérieures à 10 millions d’euros de chiffre d’affaires :

Mademoiselle Desserts – Délices des 7 vallées (68 millions)

Danone – Michel et Augustin (50 millions)

LDC – Luché Tradition Volailles (39 millions)

Savencia – Papillon (35 millions)

Poppy – Gilbert Lemelle (30 millions)

Darégal – À l’Olivier (16 millions)

Sabatier – Frairie de Bourgogne (15 millions)

Famille Maviel – Cacolac (11,5 millions)

Jean Floch’– Chambost (11 millions).

Parmi les autres opérations, notons aussi le développement surprenant de Fleury Michon en fruits et légumes frais emballé (Frais émincé, 5,9 millions) ou la reprise de la licence Ancel en France à Dr Oetker par Sainte Lucie…

En revanche, les opérations suscitées par des fonds d’investissements ont été plus réduites, passant de 480 à 170 millions d’euros : Routin (60 millions) par Apax Partners, Tartefrais (27 millions) et Délices du chef (11 millions) par Abenex (qui les réunit dans le groupe Naturellement Gourmand), Alpina Savoie (45 millions) par CM-CIC et d’autres, Maison Milhau (27 millions) par FnB Private Equity… Sans compter les participations minoritaires prises par Sofiproteol et Agro Invest dans Martinet (165 millions) ou par Siparex dans Valentin Traiteur (75 millions).

Outre l’acquisition des activités malt de Cargill par Axéréal, l’année aura été marquée par un relatif retour des groupes coopératifs dans les mouvements agroalimentaires : Cavac avec la reprise d’Atlantique Alimentaire (30 millions), Agrial avec celles de La Bresse (14,3 millions) et de Sibert (7,1 millions), D’aucy avec celle de La Fraicherie (8,2 millions) ou Isigny-Ste-Mère avec celle de Caramels d’Isigny (4,2 millions). Sans oublier la fusion de D’aucy et de Triskalia dans Eureden, l’acquisition de la marque Jean Caby par Cooperl ou l’annonce de la prise de contrôle progressive de Soficor Menguy’s (175 millions) par Ocealia.

L’intérêt des groupes étrangers pour des entreprises françaises a un peu augmenté (de 155 à 180 millions) avec, notamment, la constitution d’un joint-venture entre le belge Sopraco et Collet (120 millions), la reprise de Rhumantilles (24 millions) par l’italien Campari ou celle d’Alimentation Santé (35 millions), à Panzani, par le suédois Midsona. S’y ajoute le passage de Bjorg, Bonneterre et Compagnie, via Wessanen, chez PAI Partners.

Réciproquement, les opérations internationales des groupes français sont, quant à elles, passées de 1,15 à 1,45 milliard mais sont le fait, pour près de 90 %, de quatre grandes acquisitions de Lactalis au Brésil (Itambé, 600 millions), en Italie (Nuevo Castelli, 460 millions), en Inde (Prabhat, 200 millions) ou en Égypte (Greenland, 57 millions). En revanche, LDC s’est montré moins gourmand qu’en 2018 avec « seulement » le rachat du belge Kiplama (40 millions) ; mais d’autres seraient à venir. À noter également la reprise de Marfo Foods (81 millions) par Fleury Michon dans le catering aérien.

Enfin, quelques opérations de grande ampleur sont attendues en 2020 comme la cession de Fruité par Britvic à Refresco ou celle de Biscuit International par Platinium Equity. Déjà, Cérélia (Croustipate) vient de changer de fonds en ce début d’année (lire ci-dessous « Cérélia dans le giron d’Ardian »).

* Les chiffres d’affaires mentionnés sont le dernier montant connu, ou estimé, au moment de l’annonce de l’opération.

B. J.