Devenu le cinquième groupe agroalimentaire français, Agrial et son président Arnaud Degoulet préfèrent insister sur la cinquième place obtenue en termes de progression depuis vingt-cinq ans dans le classement annuel établi par RIA. En 2018, le groupe Agrial a enregistré une hausse de son chiffre d’affaires de 6,5 %, à 6,8 milliards d’euros. Hors acquisitions, sa croissance a atteint 2 % en données comparables. L’excédent brut d’exploitation a légèrement diminué de 225 à 212 millions d’euros, en raison de la mauvaise campagne légumière. Le résultat net a suivi, passant de 63 à 58 millions d’euros.

Pourtant, les ventes de sa branche légumes (1,4 milliard d’euros) ont progressé, tirées par Florette mais aussi Créaline. L’impact des matières premières (salades de petite taille par exemple) a néanmoins pesé sur la compétitivité des outils industriels. En légumes frais, le groupe vient de lancer la marque Priméale Gourmet sur le segment premium.

En lait (2,4 milliards), les volumes de Soignon continuent d’augmenter, notamment grâce aux développements dans l’ultrafrais. L’acquisition allemande de Rotkäppchen Peter Jülich développera ses débouchés tandis que l’activité MDD (issue de Senoble) a rebondi commercialement, en dépit des difficultés du marché.

En viandes (480 millions), le groupe choisit de viser le segment premium, vers les artisans ou les rayons traditionnels de GMS.

En boissons (310 millions), il entend compenser la déconsommation de cidre en France par son développement au Royaume-Uni.

Après avoir cédé ses activités légumières suisses (24 millions d’euros de chiffre d’affaires) et italiennes (9,7 millions) à l’espagnol Grupo Alimentario Citrus, Agrial semble privilégier cette année l’établissement de synergies industrielles, logistiques et commerciales : « il en reste beaucoup à retirer de nos croissances externes », assure Ludovic Spiers, directeur général. Le groupe a ainsi optimisé ses flux laitiers en 2018 pour une économie de 1,1 million d’euros. Par ailleurs, il réfléchit à de nouveaux investissements dans les ingrédients laitiers.

De nouvelles acquisitions ? « En principe, nous devrions marquer une pause… Mais nous l’avions déjà dit, sans y parvenir face aux opportunités qui se présentaient », s’amuse Arnaud Degoulet.

Enfin, le développement international reste une priorité : « la rentabilité y est meilleure et nous avons besoin de diversifier nos zones d’activité », justifie Ludovic Spiers. L’objectif est de passer de 36 à 50 % du chiffre d’affaires agroalimentaire (77 % de l’ensemble, hors amont agricole) d’ici à 2025. Déjà, un passage progressif au contrôle majoritaire de Saladexpress au Québec est programmé d’ici deux à trois ans, le groupe étant déjà présent dans le vinaigre de cidre et la compote de pommes bio ainsi que le fromage de chèvre aux États-Unis.

B. Jullien